Il y a presque un an, Jean Pormanove perdait la vie après onze jours de maltraitance lors de défis diffusés en direct sur la plate-forme Kick. Ses anciens acolytes, Naruto et Safine, sont jugés ce lundi 6 juillet à Nice.

Sa mort a suscité un véritable effroi en France et à l’étranger, rappelant la dangerosité des réseaux sociaux et des défis extrêmes. Il y a presque un an, le 18 août, Jean Pormanove, 46 ans, perdait la vie au bout de onze jours de maltraitance lors de défis diffusés en direct sur la plate-forme Kick. Ce lundi 6 juillet s’ouvre à Nice le procès pour violences commises par les streamers Naruto et Safine, responsables de l’administration de ces coups et de ces humiliations. 

Tous deux sont poursuivis pour des faits de «violences en réunion», «diffusion d’enregistrements d’images de violences» ou encore pour «provocation à la haine ou à la violence» en raison du handicap ou de l’orientation sexuelle.

Naruto et Safine, de leurs vrais noms Owen Cenazandotti et Safine Hamadi seront aussi jugés pour «violences sur mineur de 15 ans» et «violences sur mineur avec arme» effectuées à l’encontre d’une seconde victime, un mineur, «jeté sur Jean Pormanove dans le cadre d’un combat de catch».

«Tout était mis sur le compte d’un humour sans limite et d’un amusement rémunérateur», déplore le procureur de Nice. Naruto et Safine ont l’interdiction de quitter le territoire, de produire ou diffuser des vidéos en ligne ou d’entrer en contact avec les victimes et des mineurs.

des directs suivis par 200.000 personnes

Les violences effectuées à l’encontre de Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, avaient été signalées pour la première fois fin 2024 par des journalistes de Mediapart.

La justice avait alors ouvert une enquête portant sur des scènes montrant la victime insultée, frappée, tirée par les cheveux, menacée ou encore visée par des tirs de projectiles de paintball sans protection. Les directs étaient suivis par près de 200.000 personnes. 

Mais dès le début des investigations, «tant les personnes susceptibles d’être mises en cause que les victimes potentielles, contestaient la commission d’infractions et indiquaient que les violences étaient simulées et s’inscrivaient dans des mises en scène scénarisées», rappelle le procureur dans son communiqué.

Un gagne-pain lucratif 

Le parquet de Paris a émis, en janvier, des mandats d’arrêt contre les gérants de la plate-forme Kick, qui hébergeait les activités de ces streamers opérant depuis un studio de Contes, près de Nice. Des mandats justifiés par le fait que les gérants, qui se trouvent en Australie, ne se sont pas présentés à une convocation de la justice française.

De son côté, Kick réfute toute «convocation formelle» et assure avoir «pleinement coopéré à toutes les enquêtes.» Les équipes restent «pleinement mobilisées pour garantir un environnement sûr et responsable pour les créateurs et les utilisateurs», souligne la plate-forme. 

Jean Pormanove et bien d’autres acceptaient de recevoir des coups et de se faire humilier en échange de sommes conséquentes, provenant des donateurs de la plate-forme. Entre 2021 et 2025, Jean Pormanove avait perçu près de 140.000 euros provenant de «différentes plates-formes», selon le parquet de Paris.