1. Souffler le chaud et le froid

Dans cette
chambre
, les architectes ont mené une réflexion autour de la
dualité permettant de délimiter les espaces : le
coin nuit s’habille de blanc
quand la partie dressing ose le
rose. Les opposés s’attirent également au sol où
le parquet point de Hongrie – repeint car trop abîmé pour être
conservé tel quel – rencontre une moquette moelleuse et lisse
semblant se dérouler sur les murs. Les lignes et les matières
adoptent aussi le contraste : la tête de lit enveloppante en
velours ocre se heurte délicatement à une
suspension filaire en marbre surplombant une table
de chevet organique en céramique. De la vue au toucher, le duo
signe un projet qui a du sens. L’astuce décorative de Heju : «
L’utilisation de la couleur et la pluralité des matériaux n’ont pas
qu’une fonction esthétique, ils permettent aussi de fractionner les
espaces tout en apportant une identité visuelle. »



© Vincent
Leroux

Heju, l’émotion décorative

Architectes diplômés d’État, Hélène Pinaud et Julien
Schwartzmann
fondent le studio Heju en 2017. Si le duo
mêle singularité et créativité avec poésie, il attache une
importance particulière à l’organisation de l’espace, le travail en
plan et les alignements. Heju prouve aussi que le minimalisme, fil
conducteur de leurs projets, peut être charismatique grâce à des
détails qui font toute la différence.



© Vincent
Leroux

2. L’art du camouflage

Dans sa propre chambre, Jessica Venancio a créé un
univers intimiste grâce à l’utilisation d’un

bleu
sombre
. Étant locataire, elle revisite simplement
l’existant, notamment le mur habillé d’un lambris blanc, froid et
impersonnel. Elle imagine alors un coffrage à partir de
tasseaux en bois et de panneaux contreplaqués
. Une
solution 3 en 1 qui permet de cacher la partie basse du mur,
d’intégrer une étagère et de créer un effet de masse déportant le
regard du bardage intérieur en le faisant passer au second plan. Sa
chambre étant profonde, cette réalisation maison courant le long du
mur permet de casser l’étendue de l’espace. Côté mobilier, gloire
au vintage, aux meubles détournés et au linge de lit chaleureux. Le
conseil décoratif de Jessica Venancio : « J’adore les tables de
chevet qui font vivre le coin nuit. Les dépareiller permet
d’apporter une touche d’originalité. »



© Jessica
Venancio

Jessica Venancio, reine du home staging

Ancienne agent immobilier, Jessica Venancio se reconvertit en
2011 dans l’architecture d’intérieur. À la tête de sa
propre agence
, elle distille également son expertise sur
le petit écran. Après 5 années comme animatrice aux côtés de
Cendrine Dominguez dans «Téva Déco», elle intervient désormais dans
l’émission de Stéphane Plaza «Maison à Vendre» sur M6.



©
DR

3. Avoir la tête en l’air

Dans cette maison de 1920, la chambre est une bulle de
douceur
faisant la part belle aux matières naturelles
sourcées en France. Bénéficiant d’une hauteur sous plafond de 2,75
m, l’espace se coiffe d’un voile terracotta
surplombant un sol en liège réputé pour ses propriétés thermiques
et acoustiques, et d’une empreinte de moquette en
laine.
Le mur du fond accueille quant à lui un papier
peint en cordes et un dressing placardé de fibres
naturelles
. Les portes vitrées séparant la chambre de la
salle de bains n’ont pas fait beaucoup de chemin : elles se
trouvaient au rez-de-chaussée. Côté décoration, les luminaires sont
en papier mâché, terre mêlée et grès chammoté, le linge de
lit en lin
. La leçon décorative de Marlène
Teixier-Schwartz : « Autant assumer le côté sombre d’une pièce avec
un plafond de couleur qui prend tout son sens dans
la chambre puisqu’il s’admire en position allongée. »



© Maison
Gabinel

Maison Gabinel : l’éco-déco sinon rien

Après 15 années passées dans le secteur de l’événementiel où
lier l’éphémère au durable est un défi de haute voltige, Marlène
Teixier-Schwartz se tourne vers l’architecture d’intérieur engagée,
s’appuyant sur son expertise de directrice artistique et
scénographe. La démarche de Maison Gabinel est claire: diffuser
une sensibilité écologique au travers de projets
responsables
, des matières au mobilier.



© Maison
Gabinel

4. Faire le mur

Ci-dessus, Chrystel Laporte et son ancien collaborateur
Nicolas Souffleur signent une chambre aux codes
néo-bourgeois lovée dans un appartement haussmannien rénové. Un
papier peint panoramique, comme une nouvelle fenêtre sur
l’extérieur, se charge d’apporter de la profondeur à l’espace nuit
quand de lourds rideaux assoient l’élégance des lieux. Ci-dessous,
l’épure et la subtilité sont de mise dans cette chambre qui
accueille un papier peint dont l’illusion de relief rythme
l’espace. La recommandation de Chrystel Laporte : «Créer
une tête de lit via une simple bande de peinture
ou grâce
à un coffrage réalisé à partir d’une planche de medium fixée au
mur. Grâce à elle, la chambre prend de l’ampleur. Elle est aussi un
moyen d’optimiser l’espace quand elle intègre des luminaires et des
tables de chevet. »



© Un jour
d’avril
Un jour d’avril, l’élégance de l’épure

Suite à une carrière de directrice artistique dans la publicité,
Chrystel Laporte fonde son agence d’architecture
d’intérieur en 2008. Ses projets débutent toujours par un travail
en 2D accompagné d’une approche graphique des perspectives et des
vues qui se superposent. Les contraintes liées à l’espace, Chrystel
Laporte les voient comme des atouts permettant des partis pris
décoratifs.



© Un jour
d’avril

5. À livre ouvert

Au 19e étage d’un immeuble très moderniste, une chambre
tirée des années 50
surplombe la ville. L’œil dans le
rétro, Véronique Coutrel adopte les codes de l’époque : une
tête de lit graphique réalisée en noyer, un
bois sombre caractéristique des fifties, adossée à
un papier peint exotique mêlant faune et flore.
Face au lit, une salle de bains semi-ouverte se
déploie. Depuis la baignoire cachée et grâce à la présence d’un
miroir courant du sol au plafond, le reflet du revêtement mural
invite à la contemplation. Une mise en abîme facile à adopter pour
maximiser la présence d’un élément. La recette de Véronique Cotrel:
« J’aime adopter une thématique forte en travaillant différemment
les murs, les sols et les plafonds. L’important est de raconter une
histoire, il n’y a jamais de faute de goût à condition de suivre un
fil conducteur. »



© BCDF
Studio

Véronique Cotrel : l’écrivaine intérieure

Voici 13 ans que Véronique Cotrel s’emploie à embellir les
intérieurs en se replongeant dans leur histoire
pour la moderniser sans jamais la renier. Ayant à cœur de restaurer
le patrimoine français et ses éléments architecturaux, elle
s’entoure d’artisans d’art triés sur le volet, le tout saupoudré
d’élégance et d’une expérience en béton grâce à plus de 200 projets
livrés depuis 2010.



© Julie
Ansiau