Insee / L’activité économique d’Auvergne-Rhône-Alpes ralentit, mais résiste mieux que celle du reste du pays. Les derniers chiffres de l’Insee montrent pourtant que cette situation est loin d’être uniforme. Sur les 4 450 emplois perdus en un an dans la région, 4 300 l’ont été dans le Rhône. 

Photo : La torchère de Feyzin en flammes, vue depuis le Musée des Confluences © Xavier Caré / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Au premier trimestre 2026, l’emploi salarié recule de 0, 1 % en Auvergne-Rhône-Alpes. Sur un an, la région perd 4 450 emplois, soit une baisse de 0, 1 %, contre 0, 2 % au niveau national.

Difficile, en lisant ces chiffres, de ne pas penser aux restructurations annoncées ces derniers mois dans l’agglomération lyonnaise. À Vénissieux, Bosch a confirmé la fermeture de son bureau d’études, entraînant la suppression d’une quarantaine de postes. L’équipementier automobile explique cette décision par un recentrage de ses activités d’ingénierie en Allemagne.

À Lentilly, le laboratoire Boehringer Ingelheim prévoit la fermeture de son site logistique d’ici 2033. Le groupe souhaite regrouper ses activités sur d’autres plateformes européennes, un projet qui menace 127 emplois. Le groupe allemand Röchling a également annoncé la fermeture de son usine de Décines-Charpieu. En difficulté depuis plusieurs années, le site, spécialisé dans les plastiques techniques, emploie 42 salariés. L’entreprise justifie cette décision par une baisse durable de l’activité, notamment dans le secteur de la construction.

Plus récemment, Nespresso a dévoilé un projet de réorganisation de son service clients. Le centre d’appels de Lyon doit fermer au profit de celui de Paris, avec 178 suppressions de postes annoncées en France, dont 128 dans la métropole lyonnaise.

L’industrie reste le secteur le plus touché

La baisse de l’emploi provient essentiellement du secteur privé. L’industrie perd encore 3 940 emplois sur un an (-0, 8 %), un recul plus marqué qu’au niveau national. Les fabricants de biens d’équipement sont les plus touchés, mais les autres branches industrielles voient, elles aussi, leurs effectifs diminuer.

La construction continue également de reculer. Le secteur enchaîne un seizième trimestre consécutif de baisse de l’emploi (-0, 3 %). Les entreprises du bâtiment ont également rémunéré moins d’heures de travail qu’un an plus tôt (-1 %), un autre signe du ralentissement de l’activité.

Après trois trimestres de hausse, l’intérim repart lui aussi à la baisse. La région compte désormais 102 500 intérimaires, soit 3, 2 % de l’emploi salarié. Le Rhône enregistre le recul le plus important avec 815 postes supprimés sur le trimestre.

Le marché du travail se dégrade

Cette baisse de l’emploi se retrouve aussi dans les chiffres du chômage. Le taux de chômage atteint 7 % au premier trimestre 2026, contre 6, 9 % à la fin de l’année 2025. Il retrouve ainsi son niveau du deuxième trimestre 2021. L’Auvergne-Rhône-Alpes reste malgré tout sous la moyenne nationale (8, 1 %). Le Rhône est le département où la hausse est la plus forte sur un an (+0, 8 point), devant le Puy-de-Dôme (+0, 7 point).