Rattrapé par une enquête sur des dons non déclarés, Nigel Farage a décidé de remettre son mandat en jeu. Ce mardi, le chef de Reform UK a annoncé sa démission de la Chambre des communes afin de se représenter lors d’une élection législative partielle dans sa circonscription de Clacton-on-Sea. Selon lui, les électeurs britanniques doivent être « juges de (ses) actions ».

Le dirigeant du parti anti-immigration fait l’objet d’une enquête du comité d’éthique du Parlement britannique concernant un don de 5 millions de livres reçu avant son élection de juillet 2024 de Christopher Harborne, milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies. Depuis plusieurs semaines, il est également interrogé sur d’autres avantages qui n’auraient pas été déclarés.

Farage assure n’avoir « rien fait de mal »

Dans une déclaration vidéo, Nigel Farage a assuré n’avoir « rien fait de mal », affirmant avoir utilisé une partie des fonds pour financer sa sécurité. Il a également dénoncé les attaques de ses adversaires politiques et des médias, se présentant comme « la figure publique ou le responsable politique le plus attaqué verbalement et physiquement de l’époque moderne ».

Sa démission suspend l’enquête parlementaire, qui pourra reprendre en cas de réélection. Le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer a dénoncé une « manœuvre désespérée », tandis qu’un porte-parole d’Andy Burnham a évoqué un « coup de communication destiné à détourner l’attention d’accusations sérieuses ». De son côté, Kemi Badenoch a appelé Nigel Farage à « répondre aux questions » plutôt que d’organiser une élection « motivée par son ego ».

La progression de Reform UK ralentit outre-Manche

Le chef de Reform UK présente ce futur scrutin, dont la date n’est pas encore connue, comme celui « du peuple contre l’establishment ». Il estime que « l’establishment semble avoir désormais décidé qu’il ne pouvait pas nous battre à la loyale. Il a donc choisi de recourir à des moyens déloyaux ».

Notre dossier sur le Royaume-Uni

Cette affaire intervient alors que la progression de Reform UK semble ralentir. Elle s’ajoute à de nouvelles révélations du Sunday Times sur des prestations de sécurité, d’hébergement et de communication qui n’auraient pas été déclarées, ainsi qu’à d’autres allégations concernant les déclarations des intérêts immobiliers de Nigel Farage au Royaume-Uni.