Par

Briac Trébert

Publié le

8 juil. 2026 à 10h37

Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais connu en France, après une première canicule déjà inédite en mai. Et, en ce début juillet, des températures caniculaires sont de retour, et elles s’annoncent durables.

Après avoir retrouvé un état globalement proche des normales de saison au milieu du mois de mai, les sols poursuivent leur assèchement. En lien avec la situation anticyclonique, le manque de précipitations significatives, combiné à des températures exceptionnellement élevées, la sécheresse des sols s’aggrave jour après jour depuis la fin du mois de mai. Et cela inquiète pour le reste de l’été. 

Des niveaux records de sécheresse alors que cette troisième canicule va durer

En ce début juillet, cette sécheresse est déjà généralisée à l’ensemble du territoire hexagonal et à la Corse. Les sols sont encore plus secs que ceux observés en 2022 ou 2025 à la même période. Ils se rapprochent des niveaux records de sécheresse alors que cette troisième canicule va durer. Les restrictions d’eau se multiplient en France. Comment savoir si vous êtes concerné ?

Interdiction de l’arrosage des jardins et espaces verts, du remplissage des piscines, de laver votre voiture, réduction de l’irrigation des cultures… Les mesures concernent aussi bien les particuliers que les agriculteurs, les industriels ou les collectivités. 

Mises en œuvre par les préfets via des arrêtés sécheresse, ces restrictions peuvent concerner l’eau du robinet, les prélèvements dans les eaux dites « superficielles » des cours d’eau et lacs, ou bien les eaux souterraines des puits et forages.

La plateforme VigiEau vous permet de prendre connaissance des restrictions

Les interdictions se multiplient, allant de la mesure d’alerte à l’alerte renforcée, et enfin la « crise », le seuil le plus élevé.

  1. Au 7 juillet, détaille la plateforme VigiEau, une vingtaine de départements étaient déjà en alerte renforcée et une trentaine en crise : Limousin, Val-de-Marne, Vienne, Côte-d’Or, Nièvre, Indre-et-Loire, Allier, Aveyron, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne, Dordogne, Indre, Aude, Saône-et-Loire, Loire-Atlantique, Charente, Cantal, Maine-et-Loire, Gironde, Corrèze, Charente-Maritime, Haute-Vienne, Cher, Puy-de-Dôme, Maine-et-Loire, Sarthe, Ariège, Vendée, Yonne, Lot-et-Garonne, Gers, Pyrénées-Atlantiques, Creuse. Pour consulter les arrêtés préfectoraux, c’est ici

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Vous pouvez retrouver cette carte et l’historique des restrictions d’eau sur vigieau.gouv.fr. 

Le seuil de crise sur les bassins du Réveillon et du Morbas dans le Val-de-Marne a été dépassé, annonce ce mardi notre rédaction locale. Ce territoire de l’Aveyron passe (aussi) en niveau de crise et sera approvisionné en eau potable par camion. Plusieurs bassins sont déjà en crise en Eure-et-Loir, détaille actu Chartres, en Côte-d’Or, trois secteurs sont (aussi) passés en crise… 

C’est donc la plateforme VigiEau qui vous permet de prendre connaissance des restrictions d’usage de l’eau décidées par le préfet de votre département, en saisissant votre adresse, en autorisant votre géolocalisation ou en cliquant sur une carte pour indiquer le lieu concerné par votre recherche d’informations.

Plus de la moitié des nappes phréatiques sous les normales

Encore dans un état « satisfaisant » il y a quelques semaines, les nappes phréatiques métropolitaines ont vu leur état se « dégrader » en raison du manque de pluies persistant et de la canicule de juin : plus de la moitié présentent désormais des niveaux sous les normales, a annoncé ce mardi 7 juillet 2026 le Brgm, le bureau de recherches géologiques et minières
Au 1er juillet 2026, la quasi-totalité des réserves d’eau souterraines (93%) sont en baisse, contre 77% un mois plus tôt.
Cette « baisse généralisée » s’explique par « un déficit de pluies efficaces depuis le mois de mai sur tout le territoire avec notamment une sécheresse plus marquée et des températures élevées au mois de juin », indique le Brgm dans son bulletin mensuel.
Au 1er juillet, 54% des nappes présentent des niveaux sous les normales, soit une totale inversion de tendance par rapport à début juin où la situation était « globalement satisfaisante » avec 58% des points d’observation au-dessus ou autour des normales.
Jusqu’à maintenant, la bonne recharge hivernale avait permis de maintenir le niveau de certaines nappes, mais cela pourrait ne plus suffire.
Beaucoup de nappes sont modérément basses – bassin parisien, craies de l’Artois, des calcaires karstifiés du Jura, du socle du Cotentin, de l’ouest breton, du Morvan et de l’est du Massif central, des calcaires des Charentes, dans la plaine nord de l’Alsace, de la Garonne aval ou de Corse, voire déjà basses comme dans le socle limousin et une partie des nappes du Grand-Est.

Vigilance, alerte, alerte renforcée et crise

Quatre niveaux de gravité permettent de déterminer le type de mesures mises en place.

Vigilance : les particuliers et les professionnels sont incités à économiser l’eau (il s’agit d’un niveau de sensibilisation, aucune restriction n’est mise en place).

Alerte : des restrictions sont notamment mises en place concernant l’arrosage, le remplissage et la vidange des piscines, ainsi que le lavage des véhicules et l’irrigation des cultures.

Alerte renforcée : les activités ayant des conséquences pour les milieux aquatiques sont interdites, des restrictions renforcées sont mises en place pour l’arrosage, le remplissage et la vidange des piscines, ainsi que pour le lavage des véhicules et l’irrigation des cultures.

Crise : l’eau ne peut être prélevée que pour les usages prioritaires (santé, eau potable, sécurité civile, etc.). Les prélèvements en eau sont interdits pour l’agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques (le lavage de votre véhicule chez vous ou chez un professionnel, le remplissage ou la remise à niveau de votre piscine privée, etc.) et pour les espaces publics.

Jusqu’à 3 000 euros d’amende en cas de non-respect des arrêtés 

Pour les particuliers, l’amende en cas de non-respect de ces restrictions d’eau peut atteindre 1 500 euros et 3 000 euros en cas de récidive.

Les arrêtés de restriction d’usage de l’eau sont par ailleurs publiés sur le site internet des services de l’État de votre département (vous pouvez accéder à ce site internet en écrivant dans un moteur de recherche « services de l’État + le nom de votre département »).

Ces arrêtés sont aussi adressés au maire de chaque commune concernée pour un affichage à titre informatif.

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