À l’échelle mondiale, l’économie résiste mieux que prévu grâce aux investissements dans l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs, qui compensent le choc de la guerre dans le Golfe.

Le Fonds monétaire international (FMI) se montre plus pessimiste que le gouvernement français et l’OCDE sur l’économie tricolore. Dans sa mise à jour des perspectives mondiales publiée ce mercredi, l’institution prévoit une croissance de 0,6 % en France en 2026, une prévision revue à la baisse par rapport à ses précédentes estimations d’avril (-0,3 point). Paris et l’OCDE tablent de leur côté sur une progression légèrement supérieure de l’activité à 0,7 % contre 0,9 % quelques semaines plus tôt.

Les prévisions du FMI reposent sur l’hypothèse que la réouverture du détroit d’Ormuz, encore en proie à l’instabilité ce mercredi, débute à la mi-juillet et que la situation revienne à la normale d’ici mars 2027.


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En Europe, le FMI revoit également ses prévisions à la baisse. La croissance de la zone euro est désormais attendue à 0,9 % cette année soit une révision de 0,2 point à la baisse. Les économistes pointent un début d’année moins dynamique que prévu, des prix de l’énergie toujours élevés et une confiance des consommateurs fragile. Les mesures budgétaires de soutien engagées dans plusieurs pays permettent d’atténuer le choc sans toutefois l’effacer.

L’intelligence artificielle, pilier de l’économie mondiale

À l’échelle mondiale, le tableau est moins noir qu’anticipé il y a quelques mois. Dans l’ensemble, l’économie globale a jusqu’à présent mieux résisté aux conséquences du conflit dans le Golfe, analyse le FMI. L’activité a ralenti, passant d’un rythme annualisé de 3,8 % au quatrième trimestre 2025 à 3 % alors que l’institution n’attendait que 2,7 % dans ses prévisions d’avril. Cette résilience s’explique en partie « par l’augmentation continue de la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’énergie ». De nombreux pays sont aujourd’hui moins dépendants des hydrocarbures qu’il y a seulement quelques années ce qui atténue le choc du renchérissement du prix du pétrole et du gaz.

Surtout, deux forces opposées façonnent l’économie mondiale. La guerre au Moyen Orient continue de peser sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. Dans le même temps l’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle (IA) soutient fortement certaines économies tournées vers ces technologies. Cette dynamique compense, pour le moment, le choc lié à la guerre dans le Golfe. La Corée du Sud, malgré sa dépendance aux importations d’énergie, progresse de 7,5 % au premier trimestre 2026 porté par à un boom des exportations de semi-conducteurs et de matériel lié à l’IA, soit plus de quatre fois les 1,8 % prévus en avril.

Avec Taïwan, la Thaïlande et la Malaisie, ces quatre exportateurs nets de technologies liées à l’IA ont affiché une croissance supérieure de 4,4 points de pourcentage aux prévisions initiales. La performance de la Chine dépasse également les attentes : 4,6 % contre 4,4 % en avril, grâce aux investissements publics massifs dans les infrastructures, un fort rebond de la production manufacturière de haute technologie et des exportations en hausse, même si la consommation intérieure reste toujours poussive.

Le conflit ne devrait avoir qu’un impact limité sur l’économie américaine, portée par les investissements massifs dans la tech et les centres de données, a fortiori parce que les États-Unis sont désormais exportateurs nets d’énergie. À l’inverse, les pays importateurs d’énergie qui ne bénéficient pas de ce « cycle technologique » subissent davantage le choc, notamment des émergents comme la Turquie, confrontée à une hausse des coûts de l’énergie, des engrais et de l’alimentation.


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Une source d’inquiétude vient du regain des tensions inflationnistes mondiales. Après avoir ralenti depuis début 2024, l’inflation devrait remonter à 4,7 % en 2026 contre 4,1 % en 2025 avant de redescendre l’année prochaine.