D’une discussion entre Marseillais « émerveillés par leur ville mais attristés de la voir s’étioler » est née Marseille au pluriel, une association qui compte aujourd’hui plus de 300 bénévoles. Mardi 7 juillet, le collectif a fêté ses trois ans. « Beaucoup de travail, de l’amour et de la passion pour notre belle ville », résume Marie-Laure Guidi, présidente de l’organisation.
L’objectif de départ : réduire les fractures à Marseille et en faire la capitale interculturelle de la Méditerranée. En trois ans, l’association a organisé une biennale des femmes au Mucem (2024), une odyssée interculturelle (2025), et des olympiades bimestrielles pour rapprocher les habitants des différents quartiers.
L’interculturalité pour faire société
« Ici, on parle de ce qu’on est, pas de ce qu’on a. » Ce leitmotiv résume ce qu’Alain Cabras, cofondateur avec Marie-Laure Guidi et le journaliste Philippe Pujol, appelle « l’interculturalisme ». Le concept, qui peut sembler abstrait, repose sur trois principes : un cadre commun, le respect de chacun, la volonté de faire cohésion. Marseille, par son histoire et sa diversité, est selon cet universitaire spécialiste de l’interculturalité, un terrain d’expérimentation idéal, un « miracle ». Mais pas question d’idéaliser cette ville « pleine de fractures. » Pour lutter contre le « communautarisme grandissant », le collectif s’adresse « aux gens pour qui ils sont, pas pour leur appartenance à une communauté ».
Les fondateurs de l’association Marseille au pluriel, leurs bénévoles et les représentants de la fondation SFR pour les trois ans du collectif. / PHOTO Margot VAN WAMBEKE
Ce soir d’anniversaire, les invités – issus des mondes associatif et économique, « des univers qui se croisent peu », selon la présidente – se sont succédé au micro pour raconter leur meilleur souvenir avec l’association. Une rencontre autour d’un café, une soirée qui ne finissait plus, un concert des jeunes du Castellas… Les anecdotes ont suscité autant de rires que d’émotions.
Trois ans après sa création, l’association « n’a plus besoin de mettre de la poudre aux yeux pour se faire connaître », sourit Marie-Laure Guidi. Preuve en est : Marseille au pluriel vient de remporter le Grand prix des territoires – région Méditerranée, décerné par la fondation SFR pour ses 20 ans. Une victoire assortie de 7 000 euros, qui salue l’engagement du collectif. Pour Marie Lhermelin, secrétaire générale adjointe de la fondation SFR, « le choix s’est imposé naturellement ». Parmi 500 candidatures, six ont reçu un grand prix.
Fort de ce succès, Marseille au pluriel voit désormais plus grand et souhaite dupliquer son modèle ailleurs, en gardant l’interculturalité comme « vecteur d’union ».