Vinci Immobilier a inauguré l’immeuble de bureaux Weko, ce mardi 7 juillet, à Port-Marianne. Un exemple de construction pensée en adéquation avec son environnement.
Il fait plus de 35 °C sur Montpellier, ce mardi 7 juillet, mais à l’intérieur du nouvel immeuble de bureaux Weko, à Port-Marianne, la température oscille entre 22 et 24 °C selon l’orientation des pièces.
Il n’y a pourtant aucune climatisation dans les quatre étages du bâtiment, et l’impression de fraîcheur n’est pas due aux deux brasseurs d’air installés au plafond d’une immense pièce.
Une partie du secret de Weko réside dans la couleur ocre de ses murs. « En arrivant sur le site, on a découvert cette terre argileuse et on a décidé d’y associer de la paille de riz de Camargue », retrace Olivier Navelet, architecte de l’agence Zakarian-Navelet.
« On a une récolte de paille par an alors qu’il faut des millions d’années pour produire du gravier », observe Noé Solsona, fondateur de CalyClay, entreprise spécialisée dans les enduits écologiques. Façon de dire que ce sera bientôt une obligation d’utiliser les ressources à notre disposition.
La terre régule l’atmosphère interne
800 bottes de paille ont été insérées dans des caissons de bois, à raison de 300 kg par caisson. Autour de poteaux de béton, ces parois ont été hissées au fur à mesure sur les cinq niveaux, à raison de 12 à 14 murs posés par jour.
« Nous avons fait sécher 30 tonnes de terre pendant trois mois avant de la transformer en poudre, enchaîne Noé Solsona. On l’a ensuite mélangé à 50 tonnes de sable. Le tout a été projeté, à raison de 35 cm d’épaisseur, sur la paille de riz pour armer le tout et limiter les fissures ». Côté extérieur, c’est un enduit mixte de chaux et de chanvre, coloré, qui a été ajouté.
L’autre avantage de la terre, « c’est qu’elle stocke la chaleur et la vapeur d’eau. Du coup, elle régule l’atmosphère interne et apporte de la fraîcheur en été et de la chaleur en hiver. » Le système de rafraîchissement adiabatique, associé à des brasseurs d’air, fait office de climatisation naturelle.
32 000 m2 de bureaux
Weko est situé au cœur de la ZAC Hippocrate, dans le quartier Port Marianne, au 570 rue de la Cavalade. À proximité d’Odysseum, Weko développe un peu plus de 4 100 m² de bureaux sur cinq niveaux.
Cette réalisation s’inscrit dans le projet d’aménagement porté par la Ville de Montpellier et Altémed, qui accueille près de 32 000 m² de bureaux et 550 logements diversifiés.
Il accueille 357 m² d’espaces de pleine terre et 256 m² de terrasses et coursives.
Livré en mars 2026 pour un budget de 7 M€, ce projet a été récompensé par les Pyramides d’Or FPI 2025 dans la catégorie « Solutions pour l’économie circulaire ».
À travers la charte « Un immeuble, une œuvre », le hall est décoré par une fresque réalisée par les artistes anglais Squirl Art et Paul Monsters.
« Des fenêtres en retrait de la façade »
Si l’impression de fraîcheur est aussi forte, « c’est aussi parce que la façade du bâtiment contient davantage de pleins (murs) que de vides (surfaces vitrées), souligne François Leclercq, architecte de Leclercq Associés. De même, les fenêtres sont en retrait d’au moins 40 centimètres par rapport à la façade ».
« Les murs sont épais de 50 centimètres et des stores intérieurs et extérieurs complètent le dispositif », précise Olivier Navelet.
Ce bâtiment de bureaux présente aussi la particularité de n’être accessible que par l’extérieur, que ce soit par les escaliers ou les ascenseurs. Le hall donne sur un jardin destiné à devenir un îlot de fraîcheur.
« Nous pouvions construire 4 100 m2 au maximum, là où nous aurions pu en mettre 6000, rappelle Olivier Navelet. C’est aussi ce qui nous a permis d’aménager de nombreux espaces extérieurs, comme des coursives ombragées. »
Sur les parois de l’immeuble, de fines lianes de béton devraient permettre aux plantes grimpantes, arrosées au goutte-à-goutte dans des jardinières, de végétaliser les façades.
Sur le rooftop, une vue à 360°
En 2020, un projet d’immeuble de bureaux sans la climatisation était très osé. « Par rapport à un monde très normatif, nous avons choisi de sortir des sentiers battus », reprend François Leclercq. Ce projet répond aussi aux nouvelles attentes du monde du travail.
« Nous avons essuyé des refus au moment de la commercialisation, mais le bâtiment affiche complet aujourd’hui », précise Thierry Iacazio, directeur territorial de Vinci Immobilier et président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée.
« C’était la période du Covid, et on a travaillé autour d’une relation très forte entre intérieur et extérieur. Des terrasses permettent aussi de travailler en extérieur. » Sans oublier le monumental rooftop, qui offre une vue à 360° sur les alentours de Montpellier.