La Russie a déployé son avion de combat le plus moderne, le Su-57, pour protéger la raffinerie de pétrole d’Omsk, l’un de ses sites énergétiques les plus stratégiques. Située à environ 2 500 kilomètres de la frontière ukrainienne, cette installation semblait hors de portée de ses ennemis il y a encore quelques années, mais la guerre des drones a changé la donne.

En dépit de la présence de cet appareil de cinquième génération, les drones ukrainiens ont réussi à atteindre leur cible, lundi 6 juillet, annonce le site Defense Express, mercredi 8 juillet. L’utilisation du Su-57 dans ce rôle d’intercepteur avait été évoquée par les médias russes dès le mois de mai, sans qu’aucune preuve ne vienne la confirmer jusqu’à ces derniers événements.

Une mission de défense inhabituelle

Des images diffusées dans la foulée sur Telegram montrent un appareil équipé de quatre missiles air-air de courte portée R-73 ou R-74 ainsi que d’un système électro-optique 101KS-N installé sous le moteur gauche. « Cette configuration a été pensée spécialement pour contrer les drones ennemis », juge un analyste auprès de Defense Express, signe que le modèle a subi quelques adaptations à cette fin. Un détail technique est d’ailleurs jugé particulièrement révélateur par les spécialistes du conflit russo-ukrainien.

Les missiles étaient fixés sous les ailes de l’avion, et non dans ses soutes internes, pourtant conçues pour préserver sa furtivité. Moins de discrétion, mais plus de facilité à passer rapidement à l’action. Dans le détail, il s’agissait probablement de missiles R-73 qui, en raison de leurs dimensions, ne sont pas compatibles avec les emplacements d’armement internes du Su-57. Le R-74, en revanche, est conçu pour être emporté en soute interne.

L’un des équipements les plus précieux de l’armée russe

Cet épisode rappelle aussi la rareté du Su-57 au sein des forces russes. Les estimations évoquent une flotte d’une vingtaine d’appareils seulement, que Moscou préfère engager sur le terrain avec prudence. L’armée privilégie des tirs de missiles à longue distance plutôt que des missions exposées, mais les drones ukrainiens frappent toujours plus loin au-delà de la ligne de front.

De quoi pousser la Russie à mobiliser toujours plus de ses hautes technologies pour protéger ses infrastructures critiques. Quelques mois auparavant, deux Su-57 avaient déjà été endommagés sur la base aérienne de Shagol par une opération ukrainienne.