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En faisant le plein dans une station-service de Foix, en Ariège, un apiculteur est reparti… sans une partie de ses abeilles, ce mercredi 8 juillet 2026. Résultat : un essaim a investi les pompes à carburant d’Intermarché, obligeant les automobilistes à ravitailler leur véhicule sous haute surveillance. La Dépêche du Midi vous raconte.

Dans cette station-service, il n’y a pas que le prix de l’essence qui pique… Ce mercredi 8 juillet 2026, à l’Intermarché situé sur la route d’Espagne, en direction de Tarascon-sur-Ariège, impossible de manquer les feuilles blanches scotchées sur chaque pompe. Un message, simple mais inhabituel, y est inscrit : « Attention aux abeilles ». Quelques mètres plus loin, l’explication bourdonne sous les yeux des clients.         

Une nuée d’abeilles virevolte au-dessus des pompes, inspecte les pistolets à carburant, se pose sur les bornes de paiement ou encore les carrosseries brûlantes des véhicules fraîchement arrêtés pour faire le plein. Les conducteurs, eux, ne semblent pas à l’aise : sortie prudente du véhicule, gestes mesurés et regard constamment tourné vers les nouvelles occupantes.

Un plein sous haute vigilance

À l’origine de cette occupation sans autorisation ? Un apiculteur venu faire son plein. « Ce matin, un apiculteur est venu faire le plein avec des ruches dans sa benne, raconte une employée de l’Intermarché, encore amusée par la scène. Il est reparti… mais pas avec toutes ses abeilles. » Une fuite sans gravité, mais suffisamment spectaculaire pour transformer une simple pompe à essence en ruche de fortune. 

Une station service à Foix envahit par les abeilles

Une station service à Foix envahit par les abeilles
Stéphanie Leborne

Parmi les automobilistes, chacun adapte sa stratégie. Sylviane avance à petits pas, une main sur le pistolet, l’autre prête à refermer son réservoir au moindre battement d’ailes. « Ça se fait, mais c’est très lent, sourit-elle. Il faut garder son sang-froid. Ce qui me fait surtout peur, c’est qu’il y en ait une qui soit entrée dans la voiture. »

« D’ici demain il n’y aura plus personne »

Pour éclaircir cette étrange affaire, Daniel, apiculteur amateur depuis de nombreuses années, est rapidement appelé sur les lieux. Après quelques minutes d’observation, le verdict tombe. « Avec la chaleur, ça arrive. Les apiculteurs ouvrent parfois un peu les ruches pour laisser passer l’air. Quelques abeilles s’échappent et se retrouvent séparées du reste de la colonie. »

L’expert ne sort même pas son matériel. À ses yeux, inutile d’espérer une opération de sauvetage. « Il y en a une petite centaine tout au plus. Surtout, il n’y a pas de reine. Ce sont uniquement des butineuses. Sans reine, elles sont complètement perdues. Elles vont continuer à tourner un moment, puis mourir. Elles n’ont déjà pas une très longue espérance de vie. D’ici demain, il n’y aura plus personne. »

L’apiculteur remballe donc sa caisse. Les abeilles, elles, poursuivent leur ronde autour des pompes, comme si elles attendaient un covoiturage vers leur ruche.

Les clients apprennent à cohabiter avec les abeilles

Pendant ce temps, la station continue de fonctionner. Certains clients dégainent leur téléphone pour immortaliser cette scène digne d’une station-service version rucher. D’autres préfèrent remplir le réservoir et filer sans demander leur reste. Louis, lui, ne se laisse pas impressionner. « Elles font leur vie. Si on les laisse tranquilles et qu’on ne fait pas de gestes brusques, il n’y a pas de raison qu’elles nous attaquent. »

L’employée, elle, garde un œil sur les pompes tandis que les panneaux d’avertissement rappellent aux automobilistes de rester vigilants. Sous un soleil de plomb, les abeilles poursuivent leur ballet avec une discipline que bien des usagers de la route pourraient leur envier. Le temps d’une journée, cette station-service ariégeoise aura donc réussi un exploit : proposer simultanément un plein de carburant… et d’émotion.