Ils sont venus de toute la région à Marseille. Dans l’espoir de se faire entendre, mais les mines résignées. Ce jeudi 9 juillet, près de 300 ambulances ont sillonné la ville jusqu’aux locaux de l’Agence régionale de santé, dans le 3e arrondissement. Une délégation représentative du transport sanitaire privé y a été reçue par des représentants de l’ARS. L’agence a assuré qu’elle « ferait remonter les revendications aux instances nationales ».

Ces doléances, multiples, ont déjà été portées au ministère de la Santé, lors de la mobilisation nationale du 26 juin. Faute d’avoir été écoutés, les ambulanciers s’inquiètent.

« 6 millions de patients par an »

« Depuis le début de l’année, 150 sociétés d’ambulances ont fermé, indique Mathias Rousset-Belson, de l’intersyndicale du Vaucluse. Des entreprises vont continuer de mourir. Et les ambulanciers qui disparaissent, c’est moins de soins. Notre secteur représente 6 millions de patients pris en charge par an, sans compter les urgences hospitalières ».

Parmi les causes de cette mort annoncée figurent « les prix fixés par la Sécurité sociale, alors qu’on est asphyxiés par les charges, pointe le Vauclusien. Nos tarifs n’ont pas été revalorisés depuis 2018. Le Smic nous rattrape, pour des journées de 5h30 à 23h30, particulièrement dans les zones rurales ou périurbaines. »

Une revalorisation de la tarification réclamée

Thibaut peut en témoigner. Ambulancier à Gréoux-les-Bains, il est venu demander « une tarification forfaitaire reconnue. La revalorisation est nécessaire d’une profession qui garantit l’accès aux soins pour tous. C’est nous faire insulte que de ne pas reconnaître notre utilité. Les autorités doivent se rendre compte de la place que l’on occupe dans le parcours de soins d’un patient. »

« Nous avons fait des propositions (géolocalisation, lutte contre la fraude) qui feraient réaliser des économies – près de 150 millions sur 3 ans – à la CPAM », rajoute Audrick, venu de Saint-André-les-Alpes. « Or, nous n’avons pas été entendus, regrettent les nombreux manifestants. Le gouvernement doit prendre les choses en mains. »

Maurice Wolff, coprésident de la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS), appartient au groupe reçu par l’ARS. Il loue « une écoute attentive des autorités locales, d’une idée portée à une même voix par les quatre fédérations de la profession ». « Une profession responsable, note-t-il, qui demande de l’aide pour passer l’été mais qui avance aussi des pistes d’économies. » Et de conclure « désormais, il faut un calendrier serré et un signal du Premier ministre ».