Volkswagen pourrait engager l’une des restructurations les plus importantes de son histoire. Selon les informations de Bloomberg, relayées par La Tribune, le constructeur automobile étudie un plan qui pourrait conduire à la suppression de jusqu’à 100 000 emplois et à la fermeture de quatre usines en Allemagne. L’objectif est d’adapter l’entreprise à un marché automobile en pleine mutation, marqué par la montée en puissance des constructeurs chinois et les difficultés de l’électrification.

Le directeur général de Volkswagen, Oliver Blume, a présenté ce jeudi 9 juillet au conseil de surveillance la «prochaine phase de sa transformation». Ce projet prévoit une réduction supplémentaire des capacités de production ainsi qu’une profonde rationalisation des gammes de véhicules de l’ensemble du groupe, qui rassemble notamment les marques Volkswagen, Audi, Porsche et Skoda. Le constructeur fait face à plusieurs difficultés simultanées.

Un nouveau plan d’économies jugé indispensable

Les droits de douane américains, la concurrence toujours plus forte des constructeurs chinois, emmenés par BYD, mais aussi le retard pris dans les domaines du véhicule électrique, du numérique, de la robotique et de l’intelligence artificielle pèsent sur ses perspectives. La direction estime désormais qu’une transformation plus profonde est indispensable pour permettre au groupe de conserver sa place sur le marché mondial. Parmi les pistes étudiées figure également un renforcement de l’autonomie de la marque Volkswagen.

Face à ces défis, le groupe avait pourtant déjà lancé un important programme de réduction des effectifs. Celui-ci prévoit 50 000 suppressions de postes en Allemagne d’ici 2030, dont 35 000 au sein de la marque Volkswagen, dans le cadre d’un accord conclu avec les syndicats. Mais selon la direction, ces économies ne seraient plus suffisantes au regard de la dégradation du contexte économique et de l’intensification de la concurrence.

Volkswagen décroche en Bourse face à Toyota

Ces nouvelles orientations risquent de provoquer un affrontement avec les représentants des salariés, qui disposent d’un poids important dans la gouvernance du groupe. «Si ces projets devaient se concrétiser, nous les empêcherions par tous les moyens», ont prévenu dans une déclaration commune Christiane Benner, présidente du syndicat IG Metall, et Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise de Volkswagen.

Les difficultés du constructeur se reflètent aussi en Bourse. La capitalisation de Volkswagen est tombée à 38,6 milliards d’euros, son plus bas niveau depuis une décennie. Elle représente désormais moins d’un cinquième de celle de Toyota. Alors que les deux constructeurs se disputaient encore récemment le titre de premier constructeur automobile mondial, le groupe japonais a creusé l’écart avec plus de 11 millions de véhicules vendus l’an dernier, contre environ 9 millions pour Volkswagen.


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