Par
Auria Boukar
Publié le
10 juil. 2026 à 18h45
Rien ne destinait Michel Turbiaz à une carrière de plasticien. Entre 1978 et 1983, il exerce comme inspecteur des douanes à Strasbourg, au bureau habilité au dédouanement des œuvres d’art. Cette proximité est le déclic : « Chaque jour, j’avais dans mon bureau un conservateur des musées de Strasbourg. Ce sont ces gens-là qui m’ont initié à l’art », confie-t-il. Il y côtoie des chefs-d’œuvre et se lie d’amitié avec des artistes, éveillant sa propre sensibilité.
La boîte : un espace à quatre dimensions
Attiré par la philosophie, le plasticien trouve son médium en découvrant les boîtes poétiques de Joseph Cornell. Pour lui, la boîte est un microcosme en trois dimensions auquel s’ajoute un texte littéraire. Une galeriste japonaise lui dira d’ailleurs : « Vous ne faites pas de la 3D, vous faites de la » 4D «, car le texte ajoute une dimension temporelle et intellectuelle à l’œuvre. »
Entre dystopie et critique politique
Chaque boîte interroge notre société. Dans « La fin des mots », construite autour d’une machine à écrire, il met en scène les dérives d’Elon Musk et Neuralink.
En supprimant les lettres, il illustre la disparition du langage au profit d’impulsions électroniques. Ailleurs, il utilise des poupées Barbie pour dénoncer la surconsommation, ou un panier à salade transformé en dôme cosmique pour fustiger une mondialisation totale.
Un style inclassable
Si le public belge a tout de suite adhéré à son surréalisme, le marché français, habitué à l’abstraction, se montre plus frileux face à cet « objet visuel non identifié ». Pourtant, le succès de sa première monographie prouve que le public est prêt à plonger le regard à travers la vitre de ses boîtes pour y décoder les reflets de notre époque.
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Galerie MLC : 9 rue des Chevaliers 50 300 Vains Saint-Léonard. Vernissge le samedi 11 juillet à partir de 16h.
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