La réaction des avocates de Jérôme Barella n’a pas tardé. Celles-ci dénoncent une atteinte grave au secret de l’enquête et annoncent un signalement auprès du procureur de la République, ainsi qu’une éventuelle plainte, après les révélations de Franceinfo. Nos confrères ont dévoilé, mercredi 8 juillet 2026, des extraits des auditions de l’homme mis en examen pour enlèvement et séquestration de la petite Lyhanna, dans le Gers.
Selon les éléments obtenus par Frranceinfo, l’intérimaire de 41 ans, interpellé au lendemain de la disparition de la collégienne de 11 ans, a cherché à orienter les enquêteurs vers de fausses pistes lors de ses 48 heures de garde à vue, les 30 et 31 mai.
« J’espère qu’il ne lui est rien arrivé »
Mais, confronté par les enquêteurs aux incohérences de son emploi du temps, Jérôme Barella a ensuite avancé la thèse de la crise d’adolescence : « Je sais qu’elle s’était fait engueuler par ses parents […], elle avait déjà parlé de fuguer. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé. »
Le Gersois a reconnu avoir pris la collégienne en voiture pour la déposer à la piscine. Selon ses déclarations, il serait ensuite rentré chez lui avant de retourner chercher sa fille à l’école, sans son téléphone, laissé en charge. Il affirme ensuite s’être rendu sur son lieu de travail pour fermer un silo, avec ses deux enfants dans la voiture. Jérôme Barella explique que la mère de Lyhanna l’a appelé pendant un spectacle scolaire où il se trouvait : « Je ne lui ai pas parlé du fait que je l’avais déposée à 15 h à la piscine, je n’y ai pas pensé sur le moment », a-t-il avancé.
Interrogé sur sa relation suspecte avec Lyhanna, le père de famille a justifié cette proximité en expliquant qu’elle était une amie de sa propre fille. Il s’est décrit comme un confident, même si l’analyse de son téléphone a révélé des SMS troublants envoyés à la fillette de 11 ans. Il l’interrogeait par exemple sur ses « amours » mais a expliqué aux gendarmes qu’il ne voyait « pas le mal » dans ces échanges.
« Une atteinte grave à sa présomption d’innocence »
Pour les avocates de Jérôme Barella, Mes Sandra Vazquez et Éléonore Paré, ces révélations sont une violation du secret de l’instruction, rapporte Actu.fr . Elles ont par ailleurs rappelé que leur client n’est poursuivi, à ce stade, que pour « enlèvement et séquestration d’un mineur de moins de 15 ans », et non pour des faits de viol ou de meurtre.
Les avocates contestent la présentation médiatique qui ferait de leur client l’auteur de la mort de Lyhanna, y voyant « un amalgame que l’état de la procédure ne permet pas » et « une atteinte grave à sa présomption d’innocence ». Elles dénoncent également des propos « tronqués, sortis de leur contexte et présentés comme accablants », livrés à la presse « avant même que la juridiction n’en ait débattu ».
Mis en examen et incarcéré à l’issue de sa garde à vue, Jérôme Barella a vu son domicile perquisitionné le 6 juillet dernier. L’autopsie a établi que la fillette, retrouvée morte le 4 juin dernier, avait été violée, sans permettre de déterminer avec certitude la cause de son décès.