Ils n’ont pas attendu la fin du match. Ce soir du jeudi 9 juillet 2026, alors que tous les yeux étaient rivés sur les écrans qui diffusaient France-Maroc, quelques instants avant l’ouverture du score, vers 22h50, une Peugeot 2008 bleu s’est arrêtée sur la rue de Lyon, au niveau de la rue Séraphin. Trois hommes vêtus de noir et équipés d’un pistolet-mitrailleur ont surgi de l’habitacle, tandis qu’un quatrième restait au volant. L’équipe a pris en chasse un homme qui se trouvait sur le trottoir, ouvrant le feu en rafale à une vingtaine de reprises au beau milieu de la chaussée.

La cible du commando s’est réfugiée dans un snack de l’autre côté de la rue, au 192. Mais loin de renoncer, le tireur a poursuivi sa proie à l’intérieur du commerce, où il a encore ouvert le feu en rafale, finissant probablement le chargeur avant de prendre la fuite avec ses complices. La Peugeot a été retrouvée incendiée peu après au pied de la résidence Cap Janet, dans le quartier de la Calade, à un peu plus de deux kilomètres de la scène de crime.

Un trentenaire dans un état préoccupant

À l’arrivée des marins-pompiers, un homme de 35 ans gisait dans son sang, touché à plusieurs reprises au niveau de l’abdomen et du thorax et déjà entre la vie et la mort, tandis qu’un autre homme, un peu plus jeune, présentait des lésions importantes au niveau des jambes. Deux autres victimes, un homme de 41 ans et un autre trentenaire étaient plus légèrement touchés – l’un d’eux ne nécessitera d’ailleurs pas d’hospitalisation.

Au lendemain de la fusillade, tandis que la principale victime se trouvait toujours dans un état grave, les identités des cibles du commando demeuraient incertaines pour les services de police, qui devaient même se résoudre à comparer les empreintes papillaires des blessés, a priori peu ou pas connus des services de police, afin de confirmer les patronymes fournis lors des premières auditions. Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle de la Division de la criminalité organisée et spécialisée de Marseille (Dcos), tandis que les techniciens de la police scientifique ont retrouvé près d’une trentaine d’étuis de calibre 9mm percutés sur la rue de Lyon. Le contexte de la fusillade, survenue dans ce secteur identifié comme un haut lieu du trafic de cigarettes mais aussi à proximité d’un point de deal, demeurait encore à préciser.