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À Castres, la statue de Jean Jaurès, installée sur la place Jean-Jaurès depuis 1925, fait l’objet d’une importante restauration en ce mois de juillet 2026. Nettoyage, consolidation et traitement du monument : ce chantier de deux semaines et demie doit redonner tout son éclat à cette œuvre emblématique du patrimoine castrais, inaugurée il y a plus d’un siècle en hommage au célèbre tribun tarnais.
Les échafaudages ont pris place autour de la statue de Jean Jaurès, au cœur de la place éponyme. En ce mois de juillet, le monument historique bénéficie d’une importante campagne de restauration destinée à préserver l’un des symboles marquants du patrimoine castrais.
L’intervention, confiée à l’atelier Rachez & Moreau, installé à Saint-Nauphary (Tarn-et-Garonne), doit durer deux semaines et demie pour un coût de 13 920 euros (TTC). Au programme : consolidation des zones fragilisées de la sculpture, nettoyage du marbre et du piédestal par gel et aérogommage, restauration du socle, reprise des joints ainsi que traitement de la plaque en bronze.
Une cure de jouvence bienvenue pour une œuvre qui a célébré son centenaire l’an dernier. Inaugurée le 15 mars 1925, la statue rend hommage à l’enfant du pays, figure majeure du socialisme français et apôtre de la paix, assassiné en 1914.
À l’occasion de ce centenaire, l’historien Jean-Baptiste Alba, ancien directeur du musée Jean-Jaurès, était revenu en 2025, dans les colonnes de La Dépêche du Midi sur les circonstances de sa création. « Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la gauche a besoin de se reconstruire et la bannière « Jaurès » est levée au niveau national. En 1925, il est une figure de proue de la gauche », expliquait-il.

La statue de Jean Jaurès se refait une beauté.
DDM – Br.M.
La réalisation du monument résulte alors de la création, en 1923, d’un comité chargé de réunir les fonds nécessaires. Deux sculpteurs sont pressentis, avant que le choix ne se porte sur Gabriel Pech, artiste albigeois proche de Jean Jaurès et déjà auteur du célèbre buste conservé à l’Assemblée nationale.
Contrairement à une idée largement répandue, Castres ne fut pas la première ville à ériger un monument en hommage à Jean Jaurès. « C’est Perpignan, en 1920, puis Carmaux, en 1923 », rappelait Jean-Baptiste Alba dans cet entretien.
L’inauguration de la statue, le 15 mars 1925, ne fit d’ailleurs pas l’unanimité. « Il y avait beaucoup de conservateurs qui ne se retrouvaient pas dans ce que portait Jaurès », soulignait l’historien. Les archives conservent même la trace de souscriptions refusées, parfois accompagnées d’insultes, tandis que le jour de l’inauguration, une poignée de militants révolutionnaires entonnait L’Internationale devant l’hôtel de ville.
L’installation du monument accompagne également la transformation de la place centrale de Castres. Ancienne place Royale, puis Impériale, Nationale et de nouveau Nationale sous l’Occupation, elle prend définitivement le nom de place Jean-Jaurès à la Libération, après avoir déjà adopté cette appellation en 1925. Cent un ans après son inauguration, la statue retrouve aujourd’hui une nouvelle jeunesse.