En 2024, le Britannique Stephen Lea, 33 ans, apprend que ses douleurs de dos cachent un lymphome non hodgkinien de stade 4. Son parcours interroge sur le moment où un mal de dos doit vraiment inquiéter.

À 33 ans, le couvreur britannique Stephen Lea a longtemps pensé que son mal de dos venait simplement de ses journées passées sur les toits. Ce n’est qu’en janvier 2024, après une IRM réalisée pour explorer ces douleurs persistantes, qu’il a appris qu’il souffrait d’un lymphome non hodgkinien de stade 4, un cancer du système immunitaire.

Son histoire illustre un scénario rare mais bien réel : un mal de dos persistant lymphome non hodgkinien peut se cacher derrière ce que l’on attribue d’abord à la fatigue ou à l’usure professionnelle. La grande majorité des lombalgies restent bénignes, mais certains signaux associés au dos et à l’état général doivent pousser à reconsulter, comme l’ont montré les étapes de son parcours.

Le déclic : quand un mal de dos persistant révèle un lymphome

Les premières douleurs de Stephen Lea sont apparues en 2023. En octobre, après un voyage à Venise pour l’anniversaire de sa compagne, la situation a changé de dimension. « C’était vers octobre 2023, nous venions d’aller à Venise pour l’anniversaire de ma petite amie et j’avais mal au dos. Je pensais que c’était une usure normale due au travail », raconte-t-il au quotidien régional Liverpool Echo. Malgré plusieurs consultations, ses douleurs ont été d’abord interprétées comme un simple problème musculaire.

L’IRM de janvier 2024 a finalement mis en évidence un lymphome non hodgkinien étendu. « J’étais assis à l’hôpital, attendant les résultats pendant sept heures. Puis on m’a dit que je devais rester ici », se souvient-il. Il a ensuite enchaîné six cycles de chimiothérapie, puis radiothérapie, immunothérapie et thérapie cellulaire. « Je veux juste prouver que les médecins ont tort et être encore là en octobre et novembre », affirme-t-il.

Lymphome non hodgkinien de stade 4 : définition, fréquence, symptômes

Les lymphomes non hodgkiniens correspondent à des cancers des lymphocytes, cellules du système lymphatique chargées de défendre l’organisme. Le laboratoire Roche indique qu’en France, l’ensemble de ces lymphomes représentait près de 28 000 cas estimés en 2018, touchant un peu plus souvent les hommes, avec une fréquence accrue après 60 à 65 ans. Le groupe de cliniques Elsan estime que ces cancers concernent environ 22 000 personnes par an et représentent 90 % des lymphomes diagnostiqués.

Un stade 4 signifie que les cellules cancéreuses se sont disséminées dans plusieurs régions du corps, au-delà des ganglions initiaux, précise l’Institut national du cancer des Etats Unis. Quand la moelle osseuse ou les os de la colonne sont atteints, une douleur dorsale peut apparaître ou s’intensifier. L’Assurance maladie décrit aussi des signes généraux qui doivent alerter en cas de suspicion de lymphome non hodgkinien :

  • ganglion qui grossit, reste indolore et ne disparaît pas ;

  • fièvre ou infections à répétition ;

  • sueurs nocturnes abondantes ;

  • amaigrissement inexpliqué ;

  • fatigue importante qui dure.

Quand s’inquiéter d’un mal de dos et quels examens demander

La plupart des maux de dos restent liés aux muscles, aux articulations ou aux disques intervertébraux, surtout chez les personnes qui portent lourd ou travaillent en posture pénible. Le signal d’alerte vient d’une douleur qui persiste plusieurs semaines, s’aggrave malgré le repos ou les traitements simples, réveille la nuit ou s’accompagne de signes généraux comme ceux décrits plus haut. Dans ce cas, un rendez-vous rapide chez le médecin traitant s’impose.

Le praticien commence par un examen clinique et un interrogatoire précis, puis peut prescrire un bilan sanguin et, si nécessaire, une imagerie comme une IRM. Pour un lymphome non hodgkinien, l’Assurance maladie rappelle que le diagnostic repose sur l’analyse d’un prélèvement de ganglion ou de moelle osseuse au microscope. Dans la situation de Stephen Lea, c’est l’IRM qui a déclenché une prise en charge spécialisée. Ce parcours met en lumière un point clé : consulter à nouveau quand un mal de dos change de nature ou se double d’autres symptômes permet de ne pas passer à côté d’une cause plus grave.