La musique bretonne est en deuil : le multi-instrumentiste Melaine Favennec est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, vers 1 h du matin, à Pont-l’Abbé. « Melaine est parti dans les heures où il finissait ses spectacles et rentrait », a confié son épouse Mary le Lez, qui lui a tenu la main amoureusement jusqu’au bout. Depuis toujours, ce musicien chantait la beauté « Penn-ar-Bed » du bout du monde,.

Violoniste au sein du célèbre groupe de fest-noz Diaouled ar Menez au début des années 1970, cofondateur de la coopérative artistique indépendante Névénoé, à Morlaix, lauréat du Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1991, Melaine Favennec, réputé pour son style très personnel et exigeant, mêlant folk, blues et poésie contemporaine, avait également fait le bonheur de nombreux mélomanes au début des années 2000 avec ses complices Patrick Ewen et Gérard Delahaye dans le trio EDF (Ewen, Delahaye, Favennec).

C’est d’ailleurs Gérard Delahaye qui a annoncé son décès, ce lundi matin, sur Facebook.

Originaire de Quimperlé, et issu d’une famille de musiciens, l’homme était installé de longue date en Pays bigouden, au lieu dit « Ty Glaz » près de la chapelle de Beuzec, non loin de la pointe de La Torche. En 2012, il confiait au Télégramme qu’il aurait aimé être le « Bob Dylan breton ». Plus qu’un musicien, le Finistérien était aussi poète, acteur, chanteur, auteur, compositeur et même peintre. À l’Île-Tudy, il avait présenté en 2022 ses tableaux de barques, lui remémorant celles « recouvertes de coaltar à Doëlan », le pays de son enfance. Les lecteurs de François Bourgeon ont également été marqués par son apparition dans la bande dessinée « Les Yeux d’étain de la ville glauque », de la série « Les Compagnons du crépuscule », où il avait accepté de prêter ses traits au dessinateur.