Ne vous fiez pas à son titre qui pourrait faire penser à un conte. « La Maison aux Lapins » qu’il est donné de voir aux Théâtre des Lila’s, où le plateau est dédié aux autrices est une pièce traitant de la dictature argentine sous Videla et de l’exil de la narratrice en France.

C’est surtout un chef-d’œuvre qui secoue, emporte et nous laisse sans voix. Adapté de la trilogie autobiographique de Laura Alcoba : « Manèges », « Le bleu des abeilles », « La danse de l’araignée » ce spectacle puissant offre à la comédienne Astrid Albiso un rôle en or qui lui permet de faire éclater son immense talent. Prodigieuse, elle nous interpelle, se déploie, suggère sans jamais insister, et nous rend familière cette petite fille âgée de sept ans en 1976 qui grandit dans la clandestinité aux côtés de sa mère militante.

« La Maison aux Lapins » c’est la façade d’une imprimerie clandestine où elle se cache et où elle rêve d’un ailleurs plein de liberté. L’exil en France ne tardera pas à lui en donner l’occasion. La mise en scène de Juan Miranda qui a cosigné l’adaptation est construite autour de saynètes d’où surgissent des personnages bigarrés dont le père que Laura finira par retrouver.

On se laisse bercer par les couleurs chatoyantes, la musique, les chansons de Claude François, on rit, on pleure, et cette plongée dans les arcanes de la mémoire et de l’identité rend profondément heureux.

Théâtre des Lila’s, 8 rue Londe, jusqu’au 25 juillet à 12h30. Relâche les 15 et juillet. Tarifs : 19 €, plein, 13,50 € abonnés, 12 € réduit. Réservations au 04 90 33 89 89