Par
Noa Gratigny
Publié le
14 juil. 2026 à 17h54
Sur les quais d’Oissel, près de Rouen, le soleil sublime les reflets de la Seine. À cette heure matinale, la ville dort encore. Seuls quelques lève-tôt arpentent la promenade. C’est dans ce décor paisible du mardi 7 juillet 2026 qu’Antoine Georget, alias Antoine Hiker (sur les réseaux sociaux), s’apprête à relever un défi hors du commun : traverser la France à pied en un mois. Et ce, un an après une grave blessure.
Un mois pour parcourir la France
D’Oissel à Tarbes, dans les Pyrénées il faut compter pas moins de 1 000 kilomètres. Au-delà du symbole que représente une telle distance, ce point A et ce point B n’ont pas été choisis par hasard : ils correspondent aux lieux de résidence de ses parents. « Oissel, c’est là où mon père habite, et je vais rejoindre l’habitation de ma mère qui se trouve à Tarbes », confie l’enseignant de SVT de 29 ans.
« Si on fait des maths je dois faire 33 km par jour pendant un mois, souligne-t-il, mais la distance entre chaque étape varie entre 25 et 45 km ». Chaque jour, il doit marcher entre quatre à sept heures selon la longueur des étapes. Habitué à la randonnée, il a construit son itinéraire en fonction des chemins de Grande Randonnée (GR) qui relient Rouen à Tarbes.
Un projet pour deux objectifs
Réaliser un tel périple en un temps aussi restreint demande une détermination à toute épreuve. Pour Antoine, la motivation est toute trouvée. Deux objectifs le poussent à aller au bout de ce projet : soutenir une association et prendre sa revanche sur une grave blessure.
Durant son périple, le jeune enseignant a ouvert une cagnotte en ligne pour récolter des fonds pour l’association Premiers de cordée. Ce collectif lui tient particulièrement à cœur. « Il sensibilise au handisport dans les écoles et les entreprises » et permet aux enfants hospitalisés ou en situation de handicap de faire du sport.
Avant même son départ, « 2 400 euros ont déjà été récoltés » se satisfait-il. Aucun objectif n’est fixé, mais la cagnotte est limitée à 5 000 euros. Au gré de ses rencontres et de son contenu sur les réseaux sociaux, Antoine espère donner aux gens l’envie de faire un don à leur tour.
« C’était comme si on m’avait coupé une jambe »
Un an avant, Antoine vivait une période très compliquée. Opéré des ligaments croisés, il est victime d’une complication lors de l’anesthésie. Une atteinte du nerf sciatique provoque alors de violentes douleurs neuropathiques. « C’était comme si on m’avait coupé une jambe », raconte le jeune homme. Pendant un mois, il lui est impossible de marcher.
Une épreuve particulièrement difficile pour ce passionné de sport : « Quand on est sportif, c’est très dur, surtout mentalement ». Pour être prêt physiquement et se remettre de sa blessure, il a réalisé trois séances de rééducation à raison de deux heures à chaque fois. Aujourd’hui, c’est un moteur supplémentaire pour parvenir au bout de ce défi et prendre sa revanche sur cette blessure.
Mais la motivation ne suffit pas à effacer la réalité du quotidien : l’enchaînement des étapes, les frottements et les ampoules promettent des difficultés bien concrètes à surmonter. Pour y faire face, Antoine n’a rien laissé au hasard dans sa préparation.
Tout prévoir avant le départ
Pour réussir son projet, Antoine a préparé son sac avec minutie. Il y a glissé : une tenue de rechange, un duvet, un hamac avec moustiquaire et est équipé d’une montre connectée pour s’orienter. Pour ce qui est de l’alimentaire, de l’eau, ou de la trousse à pharmacie, Antoine a prévu le strict nécessaire pour quelques jours. Il compte bien « se ravitailler dans les villes et villages qu’il va traverser ». Un objet plus insolite l’accompagne tout au long du voyage : un petit doudou. Un petit objet mais avec un grand intérêt : « c’est pour éviter que je sois tout seul, parce qu’il y a la solitude à vaincre », souligne-t-il.
Pour la nuit, Antoine peut compter sur la générosité des habitants. « La plupart du temps je vais dormir en chambre d’hôte ou loger chez l’habitant », explique-t-il. Il a également réservé des logements pour certaines étapes où il n’avait pas trouvé d’hôtes. En l’absence de nid douillet, Antoine doit s’en remettre à son hamac, qu’il espère installer « dans le jardin des habitants ».
Une aventure à suivre sur les réseaux sociaux
Ce défi, il compte le vivre à fond. Mais il veut également le partager et le rendre visible. Ainsi, Antoine partage ce qu’il va vivre sur les réseaux sociaux. Entre rencontres, découvertes de monuments et paysages, il partage son aventure pendant un mois, au rythme d’un influenceur. Bien trop concentré à réussir son périple, c’est sa compagne qui s’occupe de publier les photos sur les réseaux sociaux. Outre Instagram, l’enseignant a même créé un site Internet qui permet de le suivre tout au long du parcours.
De quoi permettre à chacun de suivre, au jour le jour, les 1 000 kilomètres qui séparent Antoine de sa mère.
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