L’Ukraine a lancé une vaste campagne de frappes contre des navires russes en mer d’Azov. Selon le commandant d’une unité de drones, 116 navires auraient été touchés en seulement neuf jours dans le cadre d’une offensive destinée à perturber un corridor logistique stratégique, tandis que Moscou reconnaît une recrudescence des attaques contre le trafic maritime.
Robert Brovdi, commandant de l’unité de dronistes des Ptakhi Madyara, a affirmé, mardi 14 juillet, que 116 navires ont été frappés par des drones de la SBS (forces de systèmes sans pilote) en neuf jours en mer d’Azov, dans le cadre de l’opération MoLoChKa. Dans la nuit du 13 au 14 juillet, ce sont « cinq pétroliers, cinq cargos et un remorqueur », qui ont été attaqués dans cette mer fermée, au nord de la mer Noire, selon l’un des messages de ce commandant ukrainien qui diffuse également des montages montrant les frappes.
Il précise que les navires sont visés dans l’optique de les rendre inopérants, plutôt que de les couler. Selon Robert Brovdi, ces frappes ciblent essentiellement des petites et moyennes unités de transport de pétrole à fond plat empruntant le canal Don-Volga, qui permet d’atteindre la mer Caspienne, et la mer d’Azov pour approvisionner de plus grands pétroliers pour l’export. Mais la mer d’Azov permet aussi d’exporter des céréales, en particulier de régions ukrainiennes sous occupation, en passant par le détroit de Kertch, entre la Crimée et la péninsule de Taman, pour accéder à la mer Noire.
D’après le Guardian, la Russie a dû suspendre la navigation sur le canal Don-Azov. L’Ukraine a ainsi coupé un couloir logistique stratégique entre la mer Caspienne et le détroit du Bosphore, via la mer d’Azov et la mer Noire. Depuis longtemps, l’Ukraine cherche à perturber la production et les exportations d’hydrocarbures russes. Kiev a notamment ciblé à plusieurs reprises des navires de la flotte fantôme russe en mer Noire et jusqu’en Méditerranée.
Le ministère russe des Transports a dit prendre « toutes les mesures nécessaires pour assurer la logistique des cargaisons, compte tenu de la fréquence croissante des attaques ennemies contre des navires civils dans la zone de la mer d’Azov ». Le transfert du vrac vers d’autres modes de transports est envisagé, selon le ministère.
Dans une déclaration, le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, « déplore la série d’attaques perpétrées au cours de la semaine passée contre des navires marchands civils opérant en mer d’Azov et en mer Noire ». Il « condamne toutes les attaques injustifiées contre des navires marchands civils résultant de conflits géopolitiques, où qu’elles se produisent. De tels actes mettent en danger les marins, menacent la sécurité de la navigation, perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales et sapent les principes sur lesquels repose le transport maritime international. J’appelle toutes les parties impliquées dans des conflits à s’abstenir de toute action mettant en danger la marine marchande innocente ou l’environnement marin, à respecter le droit international et à garantir la protection des marins. Les marins ne devraient jamais être les victimes de conflits auxquels ils ne prennent pas part ».
© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.