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Matt Damon est Ulysse dans « L’Odyssée », péplum mythologique réalisé avec brio par Christopher Nolan.
Ulysse est un souvenir et Christopher Nolan a choisi de nous raconter le sien. Un geste de cinéma qui a dépassé tous les espoirs qu’on plaçait sur cette grande fresque mythologique du cinéaste britannique baptisée L’Odyssée.
Au cinéma ce mercredi 15 juillet, le film sur le tumultueux retour d’Ulysse auprès de sa famille après avoir fait basculer la guerre de Troie est une grande, très grande réussite. Bien aidé par son casting de stars allant de Matt Damon à Zendaya, en passant par Anne Hathaway, Charlize Theron, Tom Holland, Robert Pattinson et tant d’autres, Christopher Nolan réussit l’exploit de transposer sur grand écran l’un des plus célèbres récits écrit dans l’histoire de l’humanité : L’Odyssée d’Homère.
Avec ce long-métrage épique, tragique, intime, grandiose et même terrifiant par instants, le réalisateur fait de son 13e long-métrage un film somme et décomplexé, réunissant toutes ses thématiques habituelles, tout en osant s’aventurer sur des terrains encore inexplorés dans sa filmographie.
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Lire la Vidéo Une narration parfaite
Où est Ulysse après tant d’années loin de ses proches ? Pour répondre à cette question, Christopher Nolan multiplie les allers-retours dans une intrigue mêlant passé et présent, où Pénélope (Anne Hathaway) et son fils Télémaque (Tom Holland) survivent tant bien que mal à l’interminable absence d’Ulysse. Sur leur île, ils sont entourés de perfides prétendants au trône d’Ithaque, dont le plus détestable, Antinoos, incarné par un Robert Pattinson plus odieux que jamais.
Le reste de l’intrigue se compose de fragments du passé qu’Ulysse tente de remettre dans l’ordre. Ceux-ci permettent de découvrir de manière chronologique et savoureuse les différentes péripéties de ce personnage légendaire alors qu’il vit désormais prisonnier de Calypso, campée par une envoûtante Charlize Theron.
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C’est à travers de longues séquences entre Matt Damon et Charlize Theron que le récit épique de « L’Odyssée » se matérialse vraiment à l’écran.
Le périlleux voyage d’Ulysse après la guerre de Troie bénéficie dès lors d’une narration fragmentée, si chère à Christopher Nolan depuis Memento. Et l’impeccable montage du film propose dès son ouverture de nous placer du côté des mythes et de la légende orale, à travers un personnage joué par le rappeur Travis Scott.
Assumer la mythologie grecque
Dès lors, les aventures d’Ulysse s’enchaînent au passé, pendant que Télémaque s’émancipe au présent en partant à la recherche de son père. Il découvre au passage ses exploits à travers l’épilogue de la guerre de Troie raconté par ceux qui l’ont vraiment vécu. Cet enchaînement de péripéties est sans conteste le grand point fort du film tant Nolan, qui nous avait habitués au réalisme et à la rationalisation extrême des genres cinématographiques auxquels il s’était déjà frotté, envoie valser ses propres conventions. À un ou deux détails près.
En sortant de sa zone de confort, Christopher Nolan assume par exemple le cyclope Polyphème, en flirtant d’ailleurs avec le cinéma monstrueux de Guillermo del Toro. Il ose Charybde et Scylla, les sirènes, le peuple des Lestrygons, le royaume d’Hadès et coche presque toutes les cases du fascinant voyage d’Ulysse, pour notre plus grande surprise.
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Visuellement époustouflant, le film de Christopher Nolan bénéficie d’une photographie à couper le souffle dans chacun de ses plans.
Pour la première fois, le cinéaste britannique s’aventure aussi sur le terrain de l’horreur, avec la formidable séquence du cyclope mais surtout durant la rencontre d’Ulysse et ses hommes avec Circé. Une séquence cauchemardesque aux frontières du « body horror » qui est sans doute la plus terrifiante de toute la carrière de Christopher Nolan.
L’Odyssée se restreint finalement sur un seul point : la représentation des dieux, palpables mais invisibles, à l’exception d’Athena incarnée par une Zendaya discrète mais traitée avec grande finesse. Le film préférant porter un message sur la violence humaine et ses conséquences ainsi que le pouvoir des hommes dévoyé au nom de divinités, comme avec la fameuse Loi de Zeus, un concept omniprésent dans le film.
Le meilleur Christopher Nolan ?
Personnage principal, Ulysse est joué par un Matt Damon habité, qui livre ici la plus grande performance de sa carrière, mais le reste du casting est au diapason de son incarnation. L’occasion de saluer trois performances singulières et insoupçonnées : celles de John Leguizamo, le porcher aveugle d’Ulysse, d’Himesh Patel en compagnon d’Ulysse et de Samantha Morton en déesse isolée du monde (et surtout des hommes).
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Anne Hathaway est parfaite en Pénélope tandis que Tom Holland, qui incarne Télémaque, obtient enfin le grand rôle classique qu’il lui manquait au cinéma.
En plus d’un casting parfait, la promesse technique est également au rendez-vous. Premier film de l’histoire entièrement tourné avec des caméras IMAX 70 mm, L’Odyssée est un spectacle visuellement époustouflant de bout en bout. Servi par une photographie moins terne qu’attendue et embellie par des éclairages au feu splendides, le film dispose aussi de compositions enveloppantes et uniques en leur genre signées Ludwig Göransson.
Forte de toutes ces qualités, L’Odyssée se classe instantanément parmi les péplums modernes les mieux réalisés et les plus marquants. À tel point que l’envie de lancer la conversation sur la place que peut occuper ce film dans la filmographie de Christopher Nolan nous titille grandement. S’il faudra du temps pour trancher sur la postérité de L’Odyssée, il n’est pas exagéré de le placer dès à présent parmi les meilleurs longs-métrages de son réalisateur. De là à dire qu’il pourrait s’agir de son meilleur film ? On n’est pas loin de l’affirmer.