Cette décision est annoncée alors qu’une nouvelle mission russo-américaine a été lancée le 14 juillet, et que plusieurs astronautes russes et américains ont été envoyés dans l’espace.
La Russie et les États-Unis ont convenu de prolonger leur exploitation commune de la Station spatiale internationale (ISS) jusqu’en 2030, a annoncé ce mardi 14 juillet au soir le directeur de l’agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Bakano, cité par Reuters. Cette nouvelle prolongation intervient peu après le décollage réussi de deux cosmonautes russes, Piotr Dubrov et Anna Kikina, ainsi que d’un astronaute américain, Anil Menon, vers l’ISS, à bord d’un vaisseau spatial russe, le Soyouz MS-29.
La NASA avait précédemment estimé que l’ISS pourrait fonctionner en toute sécurité jusqu’en 2030, rapporte Reuters. Cependant, Dmitri Bakanov avait déclaré, en août dernier, que les responsables américains et lui-même s’étaient mis d’accord pour exploiter la station uniquement jusqu’en 2028, avant d’entamer les procédures de désorbitation. Créée en 1998, l’ISS devait initialement être fonctionnelle jusqu’en 2024. Le directeur de la NASA, Jared Isaacman, qui s’est rendu à Baïkonour pour assister au départ des astronautes, a déclaré que les discussions sur la prolongation de la durée de vie de l’ISS ont également porté sur l’élaboration de normes techniques communes que la Russie et les États-Unis pourraient à terme appliquer à leurs propres futures stations spatiales.
Une coopération technique ancrée dans la géopolitique
Jusqu’à présent, les relations tendues entre les États-Unis et la Russie en raison de la guerre en Ukraine avaient empêché Bill Nelson, ancien directeur de la NASA au sein de l’administration de l’ancien président Joe Biden, de se rendre sur place, indique Reuters. Le déplacement de Jared Isaacman au Kazakhstan pour y rencontrer son homologue russe constitue donc un grand pas diplomatique officieux de la part des États-Unis. En outre, le Moscow Times rapporte que le premier vice-président du gouvernement russe Denis Manturov, chargé de l’Industrie de la défense et de l’Espace, a lui aussi rencontré Jared Isaacman. Au cours de cette rencontre, Denis Manturov a indiqué que la Russie et les États-Unis avaient mis au point un programme commun visant à mettre fin aux vols vers la station à la fin des années 2030.
Alors que l’ISS a longtemps été un symbole rare de coopération entre les États-Unis et la Russie dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, les relations entre la NASA et Roscosmos se sont récemment tendues en raison de fuites d’air à bord de la station vieillissante. Le mois dernier, la NASA avait demandé à ses astronautes présents à bord de l’ISS de se préparer à une éventuelle évacuation d’urgence, alors qu’un désaccord avec Roscosmos persistait sur la manière de colmater l’une de ces fuites. Selon le Moscow Times, le programme spatial russe, autrefois source de fierté nationale, est miné depuis des années par des restrictions budgétaires et des scandales de corruption.