La plupart des guéridons, bureaux plats, commodes, secrétaires ou boîte à bijoux, nés au temps des Lumières, sont passés entre leurs mains et ce, dès la seconde moitié du XIXe siècle. On ne manquera d’admirer dans ce registre virtuose le « seau d’atours » commandé par Madame du Barry, petit coffret destiné à ranger ses accessoires de parure, rubans et autres dentelles intimes. Béatrice Ephrussi de Rothschild n’en reste pas moins la vedette de cette présentation. Fille d’Alphonse de Rothschild, régent de la Banque de France, épouse de Maurice Ephrussi, l’aristocrate fantasque se fit construire à la Belle époque une demeure sur la Côte d’azur, à Saint Jean Cap Ferrat, inspirée des palais de la Renaissance italienne, sa façon à elle de se consoler de son divorce.

© Pauline Assathiany
Atteinte de « tassemania », elle s’appliqua à acquérir chacun des modèles de tasse fabriqués par la manufacture de Sèvres pour en posséder tous les motifs, toutes les formes, toutes les couleurs : le bleu céleste, le bleu lapis, le « beau bleu », le petit vert, le vert olive, « le vert gay » et bien sûr, le « rose Pompadour », sa teinte préférée. L’ensemble est spectaculaire. Béatrice de Rothschild légua sa villa-musée et ses cinq mille objets à l’Académie des Beaux-arts. Dispendieuse cette famille, mais généreuse.

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