La Confédération nationale du logement (CNL), association de défense des locataires HLM, va porter plainte contre l’État pour « mise en danger de la vie d’autrui », compte tenu de son « inaction » concernant les logements qualifiés de passoires ou de bouilloires thermiques. Une annonce faite ce mercredi 15 juillet 2026 et relayée par l’Agence France-Presse (AFP).

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L’« inaction » de l’État « face aux logements thermiquement défaillants »

Alors que la France connaît son troisième épisode de fortes chaleurs de l’été, la CNL compte déposer une plainte auprès du procureur du tribunal judiciaire de Paris pour « examiner les responsabilités » de l’État « découlant de son inaction face aux logements thermiquement défaillants ». « Un logement dans lequel on a relevé 40 °C pendant la canicule, on estime que c’est un logement qui n’est plus décent », a défendu le président de la CNL, Eddie Jacquemart, lors d’une conférence de presse.

Lors de la semaine du 22 juin, la pire semaine de l’épisode caniculaire, Santé publique France a enregistré « une hausse de + 29,1 %, correspondant à 2 025 décès supplémentaires par rapport à la semaine précédente », en majorité des personnes âgées vivant souvent à domicile, selon un premier bilan. « Des milliers de personnes meurent dans des logements devenus des pièges thermiques. Il y a un problème de santé publique », martèle Eddie Jacquemart, également élu communiste à Lille, qui accuse l’État d’« inaction législative et réglementaire ».

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« [Les pouvoirs publics] exposent des millions de personnes à un danger grave »

Il s’en prend notamment au projet de loi Relance logement, qui prévoit d’autoriser à nouveau la location des logements considérés comme des passoires énergétiques – classés F ou G au diagnostic de performance énergétique – contre l’engagement du propriétaire à faire des travaux sous trois à cinq ans. « En retardant les obligations de rénovation, en affaiblissant le logement social et en refusant d’engager les investissements nécessaires, [les pouvoirs publics] exposent délibérément des millions de personnes à un danger grave », défend la CNL, qui prévoit de déposer sa plainte la semaine du 20 juillet.

Fin mai, la Fondation pour le logement des défavorisés avait annoncé se joindre à un recours en justice contre l’État pour l’obliger à renforcer ses mesures d’adaptation au changement climatique, estimant que les mal-logés sont abandonnés face à ces risques. Ce recours, déposé devant le Conseil d’État par des associations et des citoyens sinistrés, juge le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique « notoirement insuffisant ».