Marc Fogel décrit un système carcéral conçu pour briser les détenus. « Ils savent exactement quoi faire, à quel moment exercer une pression et à quel moment la relâcher. Tout est extrêmement organisé. Ils savent ce qu’ils font. »
Un Belge détenu depuis plus de six mois en Russie pour « trahison »
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Tout le processus de transfert était véritablement diabolique. C’était une méthode programmée pour rendre les gens malheureux. Et ils faisaient cela régulièrement.
L’ancien détenu reste particulièrement marqué par les transferts d’une prison à une autre. « C’étaient les pires moments », se souvient-il. Marc Fogel estime être passé par 17 ou 18 endroits différents. Il décrit ces transferts comme étant « diaboliques »: « On nous entassait dans des camions sans fenêtres ni ceintures de sécurité. Il n’y avait généralement pas assez de place. Tout était conçu pour être inconfortable. Cela faisait partie du système. On se retrouvait dans un camion, entouré de personnes qui fumaient, sans fenêtres, sur des routes cahoteuses, sans savoir où l’on allait ».
WatchUn traitement à part
Malgré tout, Marc Fogel dit s’être rendu compte qu’il bénéficiait d’un traitement à part, étant américain. « À certains moments, on me laissait davantage de liberté. Avec le temps, il est devenu très clair que j’étais un atout pour eux. Ils allaient donc faire ce qu’il fallait pour que je survive et que je puisse tenir ». L’Américain a également été pris en charge, quatre fois, dans un hôpital pénitentiaire pour ses problèmes de dos. « La plupart des détenus russes n’auraient jamais été envoyés dans cet hôpital. »
12 ans de prison pour « trahison » : la Russie surveille même les dons pour assurer sa dictature
En prison, Marc Fogel a été étonné de faire la rencontre de détenus extrêmement fortunés. « Les personnes probablement les plus fabuleusement riches que j’aie jamais rencontrées se trouvaient dans des prisons russes. » Selon lui, il s’agit de nouveaux riches qui s’étaient attiré les foudres de Vladimir Poutine.
La délivrance a eu lieu le 11 février 2025. Ce jour là, la Maison-Blanche a annoncé la libération de l’enseignant en échange du Russe Alexander Vinnik.
Son retour à la vie réelle n’est pas si simple : « Pendant les premiers mois, il m’était parfois difficile de quitter la maison. Je pouvais me sentir complètement dépassé dans un supermarché », raconte-t-il. Malgré tout, Marc Fogel veut aller de l’avant : « Il y a trop de belles choses à attendre de l’avenir pour rester préoccupé par ce qui est derrière moi. »