Les mots de Christophe Dugarry témoignent de l’onde de choc. Alors que la DNCG, le gendarme financier du football français, a confirmé ce mercredi en appel l’exclusion des compétitions nationales des Girondins de Bordeaux, l’ancien joueur du club au Scapulaire a partagé toute son émotion dans Rothen s’enflamme, sur RMC.
« On a tellement été baladés ces dernières années… », peste celui qui a été formé aux Girondins avant d’y passer 10 saisons professionnelles (1989-1996 puis 2000-2003). « On est choqués. Ça fait plusieurs années qu’on assiste au bal des incompétents, des voleurs et des mythos. Ça ment dans tous les sens, c’est insupportable. C’est toute la déviance du mauvais football que l’on déteste, le football-business, le football de trading, le football de n’importe quoi où les mecs viennent pour de mauvaises raisons. Et c’est notre club qui en paie le prix, ce sont les salariés, les gens qui aiment le club. Certains ont détruit notre club, ont craché sur notre club, se sont gavés sur notre club. »
Dugarry: « Ça repartira, mais là je suis choqué »
« C’est terrible mais j’ai toujours espoir », a poursuivi Christophe Dugarry sur RMC. « Strasbourg a réussi, ils sont tombés aussi bas que nous et ont réussi à remonter. Donc j’ai l’espoir qu’avec la volonté des Bordelais… Ce club est toujours aimé, que ce soit en R1 ou en Ligue des champions. Ça repartira, mais là je suis choqué et je n’ai plus envie d’entendre les discours, je n’ai plus envie de voir Gérard Lopez et toutes ces ganaches, ces fonds d’investissements, ces soi-disant repreneurs. Dégagez tous. On ira en R1 s’il le faut, mais on ne veut plus vous voir. »
Les Girondins de Bordeaux, club centenaire et sextuple champion de France, a connu une descente aux enfers ces dernières années. Racheté en 2021 par l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez, le club est descendu en L2 la saison suivante avant d’être rétrogradé de deux échelons (N2) en 2024, abandonnant au passage son statut professionnel.
Encore un dernier espoir?
Mais la situation financière des Girondins est restée très alarmante. La DNCG attend toujours la dizaine de millions d’euros nécessaires pour boucler l’exercice 2025-2026 et pour financer celui de 2026-2027, une somme que Gérard Lopez s’était engagé à apporter lors d’un premier passage devant l’instance le 9 juin.
Le 30 juin, après la décision en première instance, la direction du club avait motivé son appel en indiquant compter sur l’apport de 10 millions d’euros par le fonds britannique Sparta Capital, mais ce dernier a mis fin aux discussions en début de semaine, selon les journaux Sud Ouest et L’Équipe. La radio ICI Gironde affirme pour sa part que ce fonds d’investissements fondé en 2021 par le Français Franck Tuil, présent avec Lopez le 30 juin devant la DNCG, mais absent mercredi, « est toujours sur les rangs ».