« Nous sommes comme les feux d’artifice… » Samedi 15 juillet 2017, sur la place Masséna.

Un an quasi-jour pour jour après le terrible attentat au camion qui survint sur la Promenade des Anglais, un vibrant hommage est organisé en plein centre de Nice.

Dans l’assemblée, familles et proches des 86 victimes fauchées ce jour-là. Et sur la scène, Calogero, assis face à son piano.

Entouré d’un orchestre philharmonique, l’artiste a été choisi par les proches des victimes pour interpréter son titre « Les feux d’artifice ».

Une chanson sensible sortie deux ans plus tôt et figurant sur un album du même nom, dont les paroles font singulièrement écho au drame niçois.

Mais après la phrase du dernier couplet, sa voix se brise pour laisser place à d’irrépressibles sanglots.

Seules les mains du musicien continuent alors de plaquer les accords au piano sous les applaudissements de la foule…

Neuf ans après, l’artiste est revenu sur ce moment bouleversant dans l’émission « Quai n °8 », diffusée ce 14 juillet 2026 sur La Chaîne parlementaire (LCP).

« Regarde comme ça les familles qui étaient devant… J’ai pas pu »

Questionné sur cette séquence extrêmement poignante, l’auteur-compositeur-interprète a d’abord confié la culpabilité qui l’a traversée à l’issue de cette prestation.

« Je m’en suis voulu au départ parce que j’ai toujours les exemples de gens qui restent dignes comme ça, qui font des discours et qui ne pleurent pas ou qui chantent la chanson et qui vont au bout et qui font passer l’émotion différemment. Et moi j’ai craqué », a-t-il d’abord posé.

Un envahissement qu’il n’a pas pu contrôler et qu’il explique plus en détail dans une confidence très touchante.

« J’ai craqué parce que, à un moment donné, le dernier couplet a un sens très très très lourd. “Nous sommes comme des feux d’artifice. Vu qu’on est là pour pas longtemps, faisons en sorte tant qu’on existe de briller dans les yeux des gens”. C’est un magnifique texte de Paul École [parolier qui travaille notamment aussi avec Christophe Maé, N.D.L.R.]. Et en fait de regarder comme ça les familles qui étaient devant… J’ai pas pu, ça a pris tout son sens et j’ai pleuré. Oui j’ai pleuré, voilà j’ai pleuré… », relate Calogero, visiblement encore ému 9 ans après ce moment.

L’émotion est indéniablement intacte.