Comme chaque année en janvier, la Métropole du Grand Paris et la ville de Paris ont organisé une nuit de comptage des sans-abris, occasion d’évaluer les problèmes, besoins et profils de cette population. Le chiffrage n’est pas exhaustif, car toutes les villes ne participent pas, mais donne des tendances. Parmi celles-ci, l’une reste constante : la progression du sans-abrisme, évaluée à 10% dans la ville de Paris par exemple.
L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) vient de livrer son bilan des profils et besoins des personnes sans abri, quelques mois après la 9e édition de cette Nuit de la solidarité dans la capitale, et 5e dans sa banlieue. En dehors de Paris, 34 communes étaient de la partie cette année, contre 30 en 2025, sur les 130 que compte la métropole parisienne. Au total, 4 940 personnes sans abri ont été décomptées. Les chiffres ne permettent pas d’avoir une vision précise du nombre de personnes sans abri car toutes les villes ne participent pas, mais plutôt des tendances dans les profils. Le comptage parisien est plus systématique, avec des équipes dans tous les arrondissements, et permet de constater une progression de 10% d’une année sur l’autre, passant de 3507 à 3 858.
Ci-dessous le détail des progressions constatées, ville par ville.
Au total, plus de 4 200 bénévoles ont participé. La majorité des personnes ont été rencontrées dans les rues, mais aussi près des autoroutes et du périphérique, dans les gares et stations, ainsi que sur les quais, canaux et berges. Près de la moitié ne disposaient d’aucun abri. Les autres dormaient sous des tentes, des cabanes ou installations improvisées.
Près d’un quart des personnes recensées se trouvaient dans des groupes d’au moins 20 personnes, contre 13 % en 2025. Les femmes représentent 12 % des personnes rencontrées, contre 14% en 2025, et les 25-54 ans, les trois quarts. La moitié des personnes interrogées étaient sans abri pour la première fois, mais deux tiers vivaient dans cette situation depuis plus d’un an. Près de la moitié vivaient à l’étranger avant leur arrivée à Paris.
“ L’ordre des besoins évolue peu par rapport aux années précédentes, même si une remontée des besoins associés à des lieux d’écoute et de discussion est observée en 2026. Les besoins les moins satisfaits concernent comme les années précédentes l’accès à un lieu pour apprendre le français et à un lieu pour trouver un emploi : moins d’un quart des répondants indiquent y avoir accès lorsqu’ils en ont besoin. L’accès à un espace de stockage reste lui aussi limité, avec seulement trois personnes interrogées sur dix indiquant y accéder en cas de besoin. Six répondants sur dix indiquent ne pas bénéficier d’un accompagnement social, et plus de la moitié des répondants déclarent ne pas disposer d’adresse / domiciliation pour recevoir leur courrier ou ne pas savoir s’ils en disposent ”, détaille l’Apur.
Les résultats concernant le recours au 115 varient peu également : plus de 70% n’appellent pas ou plus le 115.
Une nouvelle édition de la Nuit de la solidarité est d’ores et déjà prévue début 2027.
Voir l’étude complète de l’Apur
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