Intégrer des œuvres dans les nouveaux projets. À l’instar du programme « 1 immeuble, 1 œuvre », créé en 2015 par des entreprises et le ministère de la Culture pour soutenir la création artistique dans des bâtiments privés, la ville de Paris veut aussi inciter les opérateurs à systématiser l’art dans les projets. Et souhaite l’imposer aux aménageurs publics pour tous les grands projets immobiliers ou de réaménagements urbains. François Vauglin, adjoint en charge de l’urbanisme explique la démarche. Entretien.
Vous souhaitez des œuvres d’art dans tous les nouveaux programmes immobiliers et d’aménagement ?
Oui. Je l’ai évoqué au lancement de la troisième saison d’Apex, cette démarche qui valorise les « Architectures parisiennes exemplaires ». J’ai voulu y apporter une nouveauté, qui aura vocation à se généraliser : c’est la prise en compte de ce que le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a appelé durant la campagne le « droit au beau », avec l’intégration de créations artistiques aux projets architecturaux et d’aménagement.
Pour chaque immeuble neuf, nous proposons d’intégrer une œuvre. Même principe pour les rénovations globales. Et encore pour les restructurations urbaines (parc, place…). Nous proposons véritablement de systématiser l’art dans les projets, sauf impossibilité, comme pour un monument historique. Cela restera une démarche volontaire pour les aménageurs privés, mais sera imposé aux aménageurs publics. Je précise que ça ne coûte vraiment pas grand-chose à l’échelle d’un projet. La déléguée générale de l’esthétique urbaine parisienne est associée à la démarche évidemment.
Ces œuvres devront être visibles depuis l’espace public ?
Depuis la rue, si possible. Sinon dans une cour de copropriété ou dans des espaces communs, comme une cage d’escalier. Les œuvres pourront être des sculptures, des fresques, des mosaïques… Lorsque j’étais maire du XIe arrondissement, nous avons mené des projets avec des bailleurs, baptisés « art contemporain et logement social ». Des artistes sélectionnés à partir d’appels à projets créaient une œuvre avec les habitants. Certains utilisaient même des objets symboliques donnés par les résidents. Cette démarche a changé leur regard sur leur immeuble et les parties communes.
C’est aussi une manière d’affirmer Paris comme capitale culturelle ?
Paris a toujours été une ville de création. Elle reste foisonnante culturellement. C’est pour nous l’opportunité de donner un coup de boost. Je suis d’ailleurs surpris des réactions. Tous les aménageurs rencontrés sont partants. Je pense qu’ils voient cette démarche comme la possibilité de se démarquer dans un secteur immobilier en souffrance aujourd’hui. Et qui a besoin de se réinventer.