STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Sandrine Rousseau, le 15 juillet à l’Assemblée nationale pour le vote de la loi sur l’aide à mourir.
Les députés étaient présents en nombre dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 15 juillet pour se prononcer sur la création du droit à l’aide à mourir. Parmi eux l’écologiste Sandrine Rousseau, qui a conclu sa prise de parole en s’adressant à sa mère décédée et dont le difficile parcours de fin de vie l’a poussé à s’engager sur ce sujet.
« Nous savons qu’aucune loi ne pourra jamais minimiser la douleur de la fin de vie pour les personnes qui partent comme pour celles qui restent. Mais une loi comme celle-ci offre un cadre légal. Juste cela, rien que cela, mais tout cela », a déclaré Sandrine Rousseau à la tribune, au moment des explications de vote. Avant de conclure, sous les applaudissements : « C’est avec responsabilité mais aussi beaucoup d’émotion, qu’à titre personnel je voterai ce texte et permettez que mes derniers mots, lors de ma dernière lecture, reviennent à ma chère, à ma tendre, à mon aimée, maman. »
Sandrine Rousseau avait déjà raconté son expérience auprès de sa mère qui, atteinte d’un cancer, a décidé de mettre fin à ses jours en présence de sa fille. « Elle n’est pas morte par son cancer. Elle est morte parce qu’elle s’est suicidée. Et elle ne s’est pas suicidée par plaisir, elle l’a fait parce qu’elle savait que l’on n’abrégerait pas ses souffrances, pas suffisamment pour mourir dignement du moins », avait confié l’élue.
« Je ne mourrai pas en Suisse »
À la tribune ce 15 juillet, Sandrine Rousseau a insisté sur ces solutions de fortunes – illégales pour certaines – auxquelles les malades français ont pu avoir recours faute d’une législation adaptée : « il y a les médecins qui forcent un peu la dose à la demande des patients (…) des personnes qui partent en Belgique ou en Suisse, il y a celles et ceux qui se suicident, il y a celles et ceux qui cherchent un moyen d’avoir accès aux médicaments interdits », a-t-elle listé. « Avec cette proposition de loi, le législateur ne détourne plus le regard. Il choisit d’affronter avec lucidité la question de la fin de vie et de lui donner un cadre exigeant », s’est félicité Sandrine Rousseau.
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Comme en écho, le journaliste Charles Biétry, atteint de la maladie de Charcot et devenu une des figures du droit à mourir, a délivré un message empreint de soulagement à l’issue du vote : « Je ne mourrai pas en Suisse. On partait tous les quatre. Monique. François, Juliette revenaient seuls avec mes cendres. Les députés ont changé le cours de ma mort. Lorsque les souffrances deviendront trop fortes je reviendrai exercer mon droit à la liberté, chez moi, au son de mes vagues », a-t-il publié sur X.
Ce sujet sensible a divisé l’Assemblée nationale, les opposants au texte jugeant notamment les critères d’accès à l’aide à mourir insuffisantes. Mais avec 291 voix pour et 241 contre, la chambre basse a définitivement adopté le texte. Il devra encore par d’ultimes vérifications du Conseil constitutionnel, avant d’être promulguée.