Vous avez très probablement reçu ce type d’e-mail ces derniers jours dans vos courriels : « Nous vous informons que nos e-mails contiennent un pixel de suivi destiné à mesurer leur ouverture ». Certains parlent même de « pixel espion ». Et de vous indiquer : « Vous pouvez toutefois vous opposer à ce suivi en cliquant ici ».

Les expéditeurs ? De grandes plateformes numériques (LeBonCoin, Solocal, Deezer, France Télévisions…), des marques d’e-commerce (Respire, Cewe, Picard…) et même l’État. On le dit tout de suite : il ne s’agit nullement d’une arnaque, mais d’un sujet bien sérieux ; celui de vos données personnelles.

Traquer votre comportement

Des « pixels de suivi » dans les e-mails ? Vous ne le saviez peut-être pas, mais les entreprises ajoutent très souvent des images minuscules et transparentes, de la taille d’un pixel (la plus petite unité de mesure sur un écran), dans leur newsletter et communication par e-mail.

Dès que vous ouvrez le message, cette image se charge discrètement depuis un serveur. Elle permet de prévenir l’expéditeur que vous avez bien consulté son message. Également envoyées, d’autres données privées : l’heure d’ouverture, le type d’appareil, potentiellement votre localisation, si vous avez cliqué ou non sur un lien…

Le but de ces pixels ? Traquer votre comportement, sur le même modèle que les « cookies » de votre navigateur Internet, pour adapter les contenus (les sujets que vous aimez), analyser vos habitudes (à quelle heure vous les lisez) et mieux cibler votre profil pour faire du marketing.

Consentement nécessaire

Tout cela est légal, mais vous ne le saviez pas toujours. Or, le recours à ces traceurs invisibles est de plus en plus fréquent. C’est pourquoi, la CNIL a mis le « holà » il y a trois mois : elle a rappelé aux entreprises qu’elles devaient demander le consentement des utilisateurs avant d’utiliser de tels pixels espions. Les organismes avaient jusqu’au 14 juillet pour s’y conformer ; d’où les e-mails d’alerte arrivés massivement ces derniers jours. Pour éviter les refus, certaines marques n’ont d’ailleurs pas hésité à cacher cette option en plein milieu d’une newsletter ou sous un code promo…

Reste une question : faut-il accepter (ou non) ces outils de suivi ? Le choix dépend de votre profil. Si vous aimez les contenus personnalisés, vous pouvez les accepter. A contrario, si vous tenez à vos données personnelles, vous avez le loisir de refuser et de retirer votre consentement à tout moment. Et si vous n’avez pas envie de faire cette manipulation newsletter par newsletter, voici l’astuce ultime : activez l’option « Demander avant d’afficher des images externes » chez votre hébergeur d’e-mail, pour éviter que le pixel s’active par défaut.