La canicule fait proliférer les cyanobactéries dans deux lacs de
Haute-Garonne. Une commune a fermé l’accès à ses berges après la
découverte de poissons et d’oiseaux morts, lundi 13 juillet.
Des poissons morts entraînent la fermeture d’un lac près de
Toulouse
L’été a rendu la vigilance nécessaire autour de plusieurs plans
d’eau de Haute-Garonne. Selon La Dépêche du Midi, la mairie de
Fronton a fermé temporairement le lac Xeresa et ses berges. Cette
commune se situe au nord de Toulouse. Un arrêté du 13 juillet 2026
acte la mesure. La municipalité justifie sa décision par la
découverte récente de poissons et d’oiseaux
sans vie. À Pibrac, un signalement citoyen évoque une possible
prolifération au lac de la Bordette.
Aucune analyse n’a encore confirmé la présence de ces
micro-organismes. Les deux communes agissent donc par précaution.
Or, les indices convergent. Les fortes chaleurs de ces derniers
jours réunissent en effet toutes les conditions favorables. Les
cyanobactéries apparaissent quand l’eau devient chaude, calme
et riche en nutriments.
Ces bactéries n’ont pourtant rien de nouveau. Elles peuplent la
Terre depuis deux à trois milliards d’années. De plus, elles ont
produit l’oxygène qui a rendu la
vie terrestre possible. On les appelle aussi algues bleues, à
cause de leurs pigments. Elles vivent dans les lacs, les rivières
et même les sols.
La chaleur transforme un lac en piège pour les poissons
Le mécanisme de l’asphyxie explique souvent ces mortalités.
Quand ces bactéries prolifèrent massivement, elles couvrent la
surface et bloquent la lumière. Elles finissent ensuite par mourir
en masse. Leur décomposition consomme alors l’oxygène dissous dans
l’eau.
Les
poissons et les invertébrés se retrouvent dès lors privés de
leur ressource vitale. Ainsi, une hécatombe peut survenir sans
qu’aucune toxine n’intervienne. La chaleur accélère par ailleurs
tout le processus. Une eau à plus de 20 degrés accueille ces
organismes bien plus facilement. Une efflorescence se forme parfois
en quelques jours seulement. Les scientifiques parlent alors d’un
bloom, une explosion soudaine de la population.
Les cyanobactéries produisent aussi des
toxines redoutables
Certaines espèces fabriquent des cyanotoxines. Ces molécules
provoquent des troubles digestifs, de la fièvre ou des irritations
cutanées chez les baigneurs. En revanche, les atteintes du foie ou
du système nerveux restent plus rares. Les toxines se libèrent
surtout au moment où la cellule meurt. Un plan d’eau redevenu
limpide peut donc encore poser problème.
D’après l’ANSES, aucune intoxication
humaine mortelle liée aux cyanotoxines n’a été enregistrée en
France à ce jour. Les contrôles sanitaires sur l’eau potable et les
sites de baignade expliquent ce bilan. Cependant, l’agence recense
des épisodes réguliers de mortalité canine depuis 2005. Les chiens
boivent l’eau et lèchent leur pelage, ce qui les expose bien plus
que les humains.
Le calendrier de ces proliférations s’étale de mai à octobre en
France. Toutefois, les épisodes se multiplient partout dans le
monde. L’apport excessif d’azote et de phosphore dans les lacs
nourrit ce phénomène. Réduire ces rejets reste la seule parade
durable. À Fronton, la mairie a par ailleurs lancé cette année un
marché public pour vidanger et curer le lac Xeresa.