Le projet de réaménagement de la place de la Concorde, au cœur de Paris, dévoilé en mars 2025, pourrait subir des modifications. Si ce dernier vise à végétaliser l’ancienne place royale en respectant son histoire et toutes les perspectives, des débats subsistent sur les mobilités entre piétons, vélos et voiture.
Interrogé jeudi par Ouest-France en marge du conseil municipal de Paris, Patrice Faure, préfet de police de Paris compétent sur les questions de circulation, indique « attendre les résultats d’études » de flux sur cet axe historique. « Réservant » ainsi sa réponse sur deux volets importants du projet : le nombre de voies réservées aux voitures ramenées sur un seul côté de l’anneau entourant l’obélisque de Louxor et la suppression d’accès aux tunnels souterrains.
« Ma décision n’est pas prise », insiste celui qui sera « particulièrement attentif à ce que la capacité de circulation de la future place soit suffisante au regard des besoins, et que le projet retenu n’entraîne pas de reports de flux dommageables pour la fluidité de circulation sur d’autres axes majeurs ».

Perspective de la vue sur l’obélisque depuis une pelouse piétonne. Philippe Prost/ Bruel-Delmar
« Que son réaménagement lui permette de retrouver tout son éclat »
La Préfecture de police et la Ville de Paris « ont échangé très récemment sur ce sujet, qui est en cours d’instruction », explique de son côté la municipalité. « Le travail se poursuit afin de prendre en compte l’ensemble des contraintes, de circulation notamment, propres à ce projet patrimonial exceptionnel. »
La place de la Concorde est « l’une des rares places françaises classées dans la quasi-totalité de sa composition monumentale. Compte tenu de son importance historique et symbolique, la Ville est particulièrement attachée à ce que son réaménagement lui permette de retrouver tout son éclat », relève-t-elle néanmoins.
Un coût estimé entre 35 et 38 millions d’euros
Le projet lauréat de ce réaménagement, celui de l’architecte Philippe Prost et du paysagiste Bruel-Delmar, propose notamment de restituer les anciens fossés plantés en 1757 par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, ses pelouses et sa liaison à la Seine entravée par les trémies de la voie Georges-Pompidou.
Autour de la place, les fossés doivent « chacun faire 22 mètres de large – soit 2,8 hectares sur une superficie totale de 8 hectares – avec une profondeur variable en fonction du sous-sol », avait précisé l’architecte. Ils permettront « de gérer les inondations, grâce à une capacité de stockage de cinq jours de pluies intenses », avait relevé aussi la paysagiste Anne-Sylvie Bruel.
Quatre grandes pelouses ouvertes sont prévues pour les piétons, mais sans arbres, qui resteront absents de la place afin de ne pas masquer les grandes perspectives ni les façades de l’hôtel de Coislin et de l’Hôtel Crillon. La réalisation, pour un coût estimé entre 35 et 38 millions d’euros, est envisagée à partir de 2028 pour une livraison en 2030.