À cadre d’exception, invité de marque. Dimanche 19 juillet, Julien Clerc se produira sur la scène de Scéléné, au pied de la citadelle de Calvi. Figure incontournable de la chanson française avec près de 18 millions de disques vendus, l’artiste de 78 ans vient d’entamer une nouvelle tournée pour promouvoir son dernier album, Une Vie.
C’est à Calvi, à 17 ans, qu’il a chanté en public pour la toute première fois. Plus de soixante ans plus tard, à l’occasion de son retour dans la cité génoise, il revient sur son lien avec la Corse, ses inspirations et son envie de continuer à être sur scène.
Vous avez sorti en 2025 votre 28e album, réalisé par Benjamin Biolay. Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir en studio ?
C’est venu tout naturellement : écrire de la musique et chanter, c’est aussi vital pour moi que de respirer. Rien ne me rend plus heureux. Je ne peux pas m’en lasser ! Pour moi, la musique est plus une façon de vivre qu’un travail, il y a peu de chance que je puisse un jour avoir le sentiment d’en avoir fait le tour.
Depuis vos débuts, vous faites appel à des auteurs pour écrire vos paroles de chanson. Qu’est-ce que vous recherchez dans les textes qu’on vous propose ?
C’est une manière de travailler qui se perd dans la chanson française, sans doute pour des questions économiques. Moi, j’adore travailler comme ça. J’ai eu la chance de collaborer avec des gens très talentueux : Étienne Roda-Gil, Jean-Loup Dabadie, Maxime Le Forestier, Alain Souchon, Françoise Hardy… Généralement, je mets très peu de contraintes à mes auteurs. Mais je cherche un texte qui ait du style, une patte bien définie, qui appelle la musique.
« La scène, c’est toute ma vie depuis mes 20 ans »
Vous venez d’entamer une nouvelle tournée qui se terminera en 2027 par un concert à l’Accor Arena de Paris pour fêter vos 80 ans. Comment vous sentez-vous à l’idée de sillonner à nouveau les routes de France ?
Très heureux. La scène, c’est toute ma vie depuis mes 20 ans : si je n’aimais pas ça, j’aurais arrêté d’en faire ! Mais je trouve qu’il n’y a pas plus beau que ces rendez-vous avec le public. Ça me donne un vrai sentiment de plénitude. Et je ne suis pas du tout blasé par tout ça. Même après 60 années d’expérience, j’ai toujours une forme de trac avant de monter sur scène. Je suis très concentré, je tournicote dans ma loge, je répète les mêmes gestes, je travaille sur mon piano… En tournée, c’est pareil. J’ai le plus grand mal à déconnecter, à aller visiter la ville où je me trouve ou à sortir de ma chambre d’hôtel.
Quel est votre rapport à la Corse ?
J’y suis très attaché. Ma première femme, Virginie Coupérie-Eiffel, était originaire de Corse. Nous nous étions mariés à Pino, dans le Cap Corse. Je suis aussi un grand amoureux de la Méditerranée. J’ai navigué le long de ses côtes pendant 20 ans avec mon bateau. Aujourd’hui, je les longe en crawlant pendant des heures, ça me rend très heureux. Jouer à Scélené, juste devant cette mer que j’aime tant… Ça a quelque chose de magique.
Il paraît que c’est à Calvi que vous avez chanté en public pour la première fois…
C’est exact ! (rires) A 17 ans, je suis parti en vacances à Calvi avec un copain. On était au camping, on passait nos journées sous la tente à écouter de la pop anglaise et du RnB sur un mange-disque et nos soirées au Sunset, une paillote sur la plage. Un soir, des musiciens ont débarqué : ils devaient chanter le lendemain au Bout du monde, un restaurant à quelques mètres de là, mais il leur manquait un chanteur et un bassiste. Je ne sais pas ce qui m’a pris, d’un coup, j’ai dit « Je peux chanter » alors que je n’avais jamais fait ça de ma vie ! J’ai appris les morceaux sous la tente et j’ai chanté avec eux chaque soir la semaine qui a suivi. Depuis, je ne suis repassé qu’une seule fois à Calvi, en bateau. Je suis ravi d’avoir une chance d’y revenir avec, je crois, davantage de choses à montrer…