C’est l’histoire d’une traque d’un peu plus de deux heures à travers Marseille. Vers 13 h, le lundi 13 juillet 2026, des policiers de la Division Centre apprennent qu’une passagère de 23 ans, qui descendait de la gare Saint-Charles au métro aurait été victime d’une agression sexuelle. Elle dépose plainte vers 14 h.
Munis d’un signalement extrêmement précis, les forces de l’ordre n’ont pas attendu : grâce aux images du centre de sécurité urbaine, ils suivent un suspect à la trace, presque en temps réel : l’homme sort de la station, marche jusqu’à Noailles, prend le métro jusqu’au rond-point du Prado puis le bus 44 qui le dépose au lycée Daumier, à Callelongue. Près de là, un portail ouvert donnant sur un squat. Sur le pas de la porte, les baskets du fuyard. Yazid H. est interpellé sans difficulté. Il est 16h15.
12 mois ferme requis
Trois jours plus tard, cet Algérien de 27 ans, casier judiciaire vierge mais frappé d’une obligation de quitter le territoire, a comparu devant le tribunal correctionnel de Marseille. La victime, choquée, avait décrit un homme venu se coller à elle dans l’escalator, caressant sa fesse et revenant contre elle à chaque fois qu’elle tentait de s’éloigner. Une témoin avait assisté à tout et confirmé cette version.
« Je voulais juste voler son téléphone dans son sac pour manger », s’est justifié le prévenu dans le box, après avoir servi en garde à vue plusieurs versions différentes… « Pourquoi elle a rien dit la fille ? », avait-il argumenté, avant de présenter des excuses, contradictoires avec ses protestations d’innocences.
La procureure Océane Fernandez a requis à l’audience une peine de 12 mois de prison avec maintien en détention, au vu de son absence de logement. « Mandat de dépôt pour un primo-délinquant ? ! », s’est insurgé l’avocat de la défense Trystan Lauraire. Le tribunal a tranché pour une voie médiane, condamnant Yazid H. à 15 mois de prison avec sursis et une interdiction du territoire français pour 5 ans.