Par
Marie Tournier
Publié le
19 juil. 2026 à 17h32
Le Département est en grande difficulté financière, c’est un fait. Pour remédier à cela, plusieurs décisions ont été prises et le secteur du tourisme est le plus impacté. Gironde Tourisme a appris sa suppression, prévue pour la fin d’année, en mars 2026, et avec lui, sa branche liée aux tournages de films, Gironde Tournages.
Une pétition a été lancée par Thibaut Frankel, réalisateur et président de l’association Kino Session, début juillet afin d’empêcher cette fermeture. Elle a cumulé au 17 juillet, 1 391 signatures. « Ce n’est pas une pétition qui va amener à un soulèvement massif mais ce sont des gens concernés qui ont signé comme des comédiens, des techniciens et des étudiants. Ça compte d’autant plus », explique le réalisateur.
Une décision financière paradoxale
Depuis 2025, le fonds de soutien, supposé aider les projets qui se réalisent en Gironde, est gelé. Pourtant selon Claire Verlhac, chargée d’accueil tournage de Gironde Tournages, « en moyenne un euro dépensé lors d’un long-métrage, ça représente 15 euros sur le territoire. Pour une série, un euro se transforme en 27 euros dépensés sur le territoire ».
Thibaut Frankel le confirme : « Un tournage, ce n’est pas négligeable. Sur quelques semaines, ça peut dépenser des millions d’euros sur le territoire, entre les loueurs, les taxis et les hôtels. » Une décision qui paraît irréfléchie également au vu du nombre d’emplois impactés.
Les professionnels envahis par le doute et le stress
« Je pense que ça va être désastreux, si c’est supprimé, au niveau artistique et technique. Les équipes vont arriver déjà constituées de Paris avec leur propre matériel, alors qu’on a de très bons loueurs. Pour les comédiens, c’est pareil », se désole Thibaut Frankel. En effet, Bordeaux forme de nombreux acteurs, notamment grâce à l’académie gratuite et inclusive Mano, qui devront, malgré eux, quitter la ville, pour trouver un travail.

Chopin, Chopin, Les Misérables ou encore l’Étrangère nombreux sont les films qui ont été tournés à Bordeaux. (©Actu Bordeaux / Nicolas Gosselin)
« On est un dommage collatéral de l’arrêt d’une politique touristique. On a bon espoir que nos postes soient rapatriés ou que l’on retrouve des financements », relativise Claire Verlhac. Gironde Tournages, pour l’instant, sans solution concrète, est en discussion avec les institutions, à savoir Bordeaux Métropole, la Région et le Département.
Gironde Tournages relève davantage de la culture que du tourisme, c’est sur cette corde fine que l’association peut se rassurer. « Le Département travaille à ce que l’activité de Gironde Tournages puisse continuer, en lien avec les partenaires », a déclaré le Département contacté par actu Bordeaux.
La Gironde séduit les productions
Après avoir accueilli, les Misérables, Chopin Chopin ou encore l’Étrangère, les tournages se poursuivent. Début août, c’est le film de Maïté Sonnet, Tu feras tomber les rois, qui débutent. Sur la même période, une série UGC va se tourner. Un autre projet est déjà en préparation sur le bassin d’Arcachon, pour le mois d’octobre.
« On en a un peu marre de voir Paris, et le tout Paris. C’est important de voir son département rayonner », soulève le président de l’association Kino Session. Et ça tombe bien que les Girondins soient friands des tournages, car à Paris c’est l’inverse. La ville et les habitants se montrent de plus en plus hostiles aux tournages. Gironde Tournages a su profiter de ce ras-le-bol pour séduire les productions.
La force du département c’est sa pluralité de décors naturels, c’est-à-dire qui ne se tournent pas en studio. « On a la mer, la forêt, les vignes. J’ai tout une base que j’alimente concernant des maisons, des hôpitaux ou d’autres structures. Je suis aussi contactée par des propriétaires qui veulent proposer leur maison », précise Claire Verlhac. Qui sait ? Ce sera peut-être votre maison le décor de la future palme d’or.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.