La douleur est toujours vive pour les sinistrés de la rue Sully, à Décines. Le jeudi 9 juillet, alors qu’elle observe le ballet des ouvriers vidant les appartements de leurs réfrigérateurs, May ne peut retenir son émotion. « Je ne supporte plus de voir ça. Un jour ou l’autre je vais finir par exploser », souffle-t-elle.

Voilà deux mois que la sexagénaire, son mari, et 27 autres familles se retrouvent sans domicile après l’incendie survenu le 11 mai qui a coûté la vie à trois personnes. « Depuis, c’est la croisière des hôtels », ironise Khadija. Elle en est à son quatrième.

« Personne ne peut comprendre »

Entre le traumatisme, l’attente de relogement ou la difficulté de revenir dans leur appartement y récupérer quelques affaires, la jeune femme nourrit une colère froide à l’égard de ces deux derniers…