Le Retrait-gonflement des argiles (RGA) s’impose comme un péril national redoutable. Les chiffres du bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) traduisent un changement d’échelle : 55% du territoire national est classé en zone d’exposition moyenne ou forte, soit un bond de 31 points en seize ans. Ce péril géotechnique menace plus d’une maison individuelle sur deux, soit 12 millions d’habitations. Exacerbé par le dérèglement climatique, il a provoqué plus de 500 000 sinistres en 2025. Face à ce fardeau, le modèle économique et réglementaire français vacille, imposant une refonte radicale entre urgence politique et temps scientifique.

L’inaction n’est plus une option face à la trajectoire financière dévoilée par France Assureurs. Sur la période 2020-2050, le coût cumulé de la sécheresse devrait atteindre 43 milliards d’euros, contre 14 milliards pour les trente années précédentes. À elle seule, la dérive climatique pèse pour 17 milliards, mettant en danger le régime français d’assurance des catastrophes naturelles. De plus, la sinistralité s’avère ultra-concentrée : cinq départements dont les Bouches-du-Rhône regroupent 66% de la hausse des coûts, la Haute-Garonne concentrant…