Un détenu du centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan (Gironde) est décédé ce vendredi 17 juillet 2026. Placé en détention provisoire depuis mars 2026, ce père de famille de 32 ans s’est effondré dans la cour de promenade, rapporte Sud Ouest .

Selon des sources internes à la prison, l’homme marchait dans la cour en fin de matinée lorsqu’il a été victime d’un malaise. Ses codétenus l’ont pris en charge dans un premier temps en lui prodiguant un massage cardiaque jusqu’à l’arrivée du Samu.

Un manque de réactivité ? 

Des prisonniers présents au moment du drame ont estimé que les surveillants et l’équipe médicale avaient mis trop de temps à arriver, selon Actu Bordeaux« Quand il y a un certain nombre de détenus sur les cours de promenade, les surveillants n’interviennent jamais », a justifié Hubert Gratraud, surveillant et délégué syndical FO Justice, auprès d’ici Gironde . « Vu qu’on manque cruellement de personnel en ce moment, le temps d’intervention était un petit peu plus long que la normale », a toutefois reconnu le syndicaliste.

Toujours est-il que cette situation a causé des tensions au sein de la prison. À tel point que des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris) ont dû être déployées pour réintégrer les détenus dans leurs cellules.

Des surveillants en sous-effectif

Auprès de Sud Ouest, le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a affirmé que « l’alerte a été donnée très rapidement » par des surveillants postés dans le mirador et que la prise en charge, rendue difficile par l’agitation de certains détenus, est intervenue dans les dix minutes. Les secours sont arrivés dans la foulée et un massage cardiaque a été pratiqué sur le trentenaire « pendant quarante-cinq minutes », a ajouté le magistrat. Une enquête a été ouverte et une autopsie doit être réalisée pour déterminer les causes exactes du décès.

Pour les syndicats de surveillants, ce drame illustre la situation critique de l’établissement. « Le manque de personnel endémique dont nous souffrons explique que les délais d’intervention ne sont pas ce qu’ils devraient être », a souligné Ronan Roudaut, délégué Ufap-Unsa.