Pour l’édition 2026 du Morlaix Art Tour, l’association organisatrice Takad Grafañ, (Zone à graffer pour les non-bretonnants, ndlr), a invité une nouvelle pointure. Predrag Radovanovi¿, alias Pedja Te8, nous est venu de Belgrade, en Serbie, pour s’approprier un mur caché sur les hauteurs de Morlaix. Street artiste depuis les années 90, il a été influencé par le mouvement hip-hop. Peu à peu, il a étoffé sa technique, faisant sienne toute la richesse ethnographique de sa contrée d’origine, les Balkans. Une richesse qu’on retrouve dans les « kilims », un nom d’origine indo-européennee désignant des tapis non pas noués, mais tissés.
Les kilims au patrimoine culturel de l’Unesco
Ces mêmes éléments décoratifs ont amené Pedja Te8 à s’impliquer étroitement dans le développement de l’art urbain en Serbie, en participant au projet d’État visant à inscrire les tapis serbes sur la liste du patrimoine culturel de l’Unesco. Côté agenda, il semble bien que, outre ses déplacements en qualité de street-artist, Pedja Te8 a largement de quoi s’occuper. Il est également curateur et président de l’association internationale d’art urbain « Urban Art Association Te8 » et créateur du concept d’espace d’art urbain « Wall Mall », un média aujourd’hui emprunté par nombre d’artistes de rue.
Des lignes presque mathématiques
Sur le terrain, quand Pedja Te8 se perche dans une nacelle à plusieurs mètres du sol, ça donne une intense palette de couleurs et des figures géométriques, apposées à grands coups de rouleaux de peinture acrylique. Les lignes de ses créations, tendues à souhait, invitent l’esthète à se plonger dans le passé tumultueux des Balkans. L’œil se laisse guider par les lignes presque mathématiques, structurées de rouge, orange, indigo, jaune, bleu, noir, des couleurs vives qui semblent avoir été comme jetées au hasard, alors qu’elles sont le fruit d’une intense réflexion et de rigoureux tracés. Et demain ? Le festival d’art abstrait de Dunkerque l’attend, du 21 au 23 juillet.
Pratique
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