Une fois n’est coutume, mais c’est bien dans la salle mythique de l’Olympic qu’une soirée aura lieu le 16 septembre à l’occasion des quinze ans de Stereolux avec Gildaa, Kabeaushé et Ile de Garde..

Une longue histoire

Pour mémoire, l’ancien cinéma nantais de la place Jean-Macé, l’Olympic Cinéma (1927-1968), alors fréquenté par Jacques Demy, deviendra un temps une supérette (1970-1984) avant d’être transformé en 1988 en salle de rock sous le premier nom de Magestic par le duo Marc Guihéneuf et Jean Autret. La Mano Negra et Bashung joueront dans cette salle qui sera rachetée par la mairie de Nantes en 1990.

Sous l’égide du CRDC (scène nationale de Nantes, dirigée par Jean Blaise), l’Olympic rouvre en 1995 et sa direction confiée à Eric Boistard. Toute la scène locale et des centaines de groupes internationaux s’y produiront, de Archive à Rammstein ou Daft Punk, des Shtauss aux Thugs. En 2011, elle ferme ses portes, Stereolux prend la suite. Devenue Fabrique de Chantenay-Bellevue, elle offre la possibilité à nombre de compagnies artistiques d’y faire des créations lors de résidences de plusieurs jours.

Trois groupes pour les quinze ans

Retour donc à l’Olympic ce 16 septembre. Avec ses racines brésiliennes, Gildaa, déjà repérée sur la scène d’Art Rock en mai dernier (notre photo), distille une musique vibrante héréditaire, sa mère étant une chanteuse de jazz. Outre ses ancêtres cariocas, on entend aussi les appels de Camille, d’Ibeyi, de Cesaria Evora dans ces échos exotiques, ce rythm and blues suave chanté en français comme en portugais. La voie qu’elle emprunte est celle d’une polyphonie incarnée, où chaque voix convoquée devient sienne

Le Berlinois Kabochi Gitau, alias Kabeaushé natif de Nairobi et révélé par le collectif ougandais Nyege Nyege est un chanteur, rappeur, producteur et performeur. Il a ingurgité country, gospel, lingala, baroque français, hip-hop et rock avant d’en extraire sa propre musique, un électro hip-hop baroque.

Trio (batterie, claviers, chant) signé sur le label Born Bad Records et Carpaccio Cathedrale pour un EP nommé « Rag Blossom » de six titres synthwave, Ile de Garde se conjugue au féminin avec Klara Coudrais à la poupe. Elle incarne des personnages, fait le show en français et en anglais, expose une colère maîtrisée et clinique, dit le chroniqueur du café le Ferrailleur sur l’île de Nantes, qui avant l’Olympic, les accueillie le 22 août dans le cadre des concerts sauvages.