Chaque lundi soir de l’été, ils avaient pris pour habitude de se retrouver pour déterminer les actions à mener durant la semaine. Bénévoles pour le comité communal des feux de forêt (CCFF) de Plan-de-Cuques, Gérard, Roger, Christophe et leur bande désormais unie par des liens d’amitié continuent leur rituel. Mais, pour la première fois depuis années, ils n’ont pas patrouillé dans les collines ces dernières semaines. Et ils ne le feront plus. Alors que le département est placé en risque très sévère d’incendie, treize bénévoles, sur les vingt-cinq que compte le CCFF, ont présenté leur démission le 9 juillet.

Appel à la vigilance sur les franges urbaines

En cause, des paroles offensantes de l’élu en charge de la sécurité civile et une redéfinition de leurs missions. Ces amoureux de la faune et de la flore de leur commune assument des rôles de vigie en patrouillant à deux, une à deux fois par jour en fonction du risque incendie, du 15 juin au 15 septembre. Formés pour intervenir dès les premiers départs de feux, ils guident les pompiers dans leurs interventions.

« On a commencé à nous parler de missions urbaines, alors qu’on a toujours patrouillé sur les collines », explique Gérard qui, avant de démissionner, était membre depuis vingt-trois ans et responsable du CCFF depuis six ans. Il y a quelques semaines, des reproches ont été formulés par l’adjoint à la sécurité civile à l’encontre d’un des bénévoles, parce que, patrouillant sur la colline, il est arrivé en retard sur un début d’incendie près du cimetière.

« On n’attend pas de remerciements mais du respect et une reconnaissance du temps qu’on donne pour notre commune, soufflent les démissionnaires. On est des bénévoles, on se donne vraiment, y compris pour sécuriser les événements organisés par la Ville alors que ce n’est pas de notre ressort, et on nous parle mal. »

Pour le maire LR Laurent Simon, leur démission s’apparente à « la fin d’un cycle. Ces personnes engagées depuis longtemps n’ont pas accepté qu’on leur demande d’être plus vigilantes sur les franges urbaines qui présentent plus de risques de propagation sur les collines. C’est ce que leur a rappelé l’élu, sur un ton peut-être pas agréable, le jour où un feu parti d’un scooter a commencé à se propager et que notre bénévole est arrivé sur place après ceux d’Allauch. »

Appel à candidatures

Le premier magistrat estime que « bénévole ou pas, en matière de sécurité civile, on respecte les consignes. L’intérêt général passe au-dessus ». Il ajoute que depuis son premier mandat, « 225 000 € ont été alloués au comité pour restaurer les deux pick-up porteurs d’eau, en acheter un troisième, créer une nouvelle base pour 100 000 € et confier un équipement de sécurité aux bénévoles, à raison de 10 000 € par an ».

Se disant « très reconnaissant des années que ces Plandecuquois ont passées au service de la collectivité et du travail des douze bénévoles qui prennent leurs responsabilités en restant quand on a le plus besoin d’eux, alors qu’on les sollicite davantage », Laurent Simon indique que « des candidats se sont déjà manifestés après l’appel à candidature » lancé par la Ville ces dernières semaines, sûr que « le groupe recomptera bientôt 25 membres. »