L’estampe L’Acrobate au violon, datée de 1924, a été saisie en 2006 par les autorités de Franche-Comté à la frontière suisse.
Le patrimoine bisontin étoffé d’une œuvre d’un prestigieux peintre. Les douanes de Franche-Comté ont offert l’estampe de Marc Chagall gravée en 1924, L’Acrobate au violon, au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, lundi 20 juillet, relaie ICI Besançon . C’est la première fois que le musée expose une œuvre du peintre russe naturalisé français, en 1937.
Saisie lors d’un contrôle routier à la frontière suisse en 2006, l’œuvre était conservée dans les entrepôts des douanes de Franche-Comté depuis vingt ans. « La gravure se destinait vers la Suisse avec d’autres œuvres d’art, mais celle-ci n’était pas accompagnée de documents qui justifiaient de l’autorisation de l’État lui permettant de quitter le territoire français », explique Estelle Rocquelin, la directrice régionale des douanes à Besançon, à ICI Besançon.
Une œuvre au style onirique
Pour Maël Vandewalle, conservateur au Musée des Beaux-Arts de Besançon, qui a aidé à l’authentification de l’œuvre, « avec ce style un peu onirique, ce monde du rêve très détaché de la réalité », la patte de l’artiste est facilement reconnaissable. L’Acrobate au violon représente un homme portant une longue barbe et un chapeau. « Le violon et l’acrobate lui-même sont des motifs caractéristiques de Chagall », précise le conservateur. « C’est un artiste qui est présent dans toutes les grandes collections publiques », se réjouit-il.
À lire aussi
Marc Chagall : il y a 130 ans naissait un géant de l’art moderne
Né à Vitebsk en Biélorussie, alors à ce moment-là ville provinciale de l’empire russe en 1887, Marc Chagall entreprend plusieurs séjours à Paris, notamment, entre 1911-1914 et dans les années vingt. C’est durant cette seconde période que l’artiste réalisera L’Acrobate au violon. De confession juive, il fuira le nazisme en s’exilant aux États-Unis durant la seconde guerre mondiale. L’année 1948 marque son retour en France. Outre la peinture, il pratique la lithographie, la céramique, la sculpture et travaille à la décoration de l’église d’Assy. Parmi ses réalisations les plus remarquables, figure la décoration du plafond de l’Opéra Garnier de Paris, entre 1963 et 1964. Chagall s’éteint le 28 mars 1985, dans sa villa de Saint-Paul de Vence, presque centenaire.