Les boutiques de l'enseigne Decitre sont essentiellement implantées en Auvergne-Rhône-Alpes : quatre fermeront leurs portes. - © Flavien Crozier

Les boutiques de l’enseigne Decitre sont essentiellement implantées en Auvergne-Rhône-Alpes : quatre fermeront leurs portes. – © Flavien Crozier

Plus que quelques jours avant que le magasin Decitre, situé aux abords de la place Bellecour, ne ferme définitivement ses portes. Les adeptes de la lecture pourront encore en profiter jusqu’à samedi 25 juillet. Une semaine plus tard, c’est une autre boutique lyonnaise de l’enseigne, celle de Confluence, qui mettra la clé sous la porte.

Les clients fidèles en ont été informés la semaine dernière par mail : « Confronté à de profondes difficultés, comme l’ensemble du secteur, le groupe Nosoli, auquel appartient Decitre, a engagé un plan de réorganisation destiné à assurer son avenir. Il porte notamment sur la fermeture de votre librairie de Lyon Confluence », pouvait-t-on lire.

11 magasins du groupe Nosoli mettront la clé sous la porte 

Également propriétaire de la chaîne de librairies Le Furet du Nord, dont les boutiques sont disséminées dans le Nord, le Pas-de-Calais et en région parisienne, Nosoli est en redressement judiciaire depuis le 1er juin. La fermeture de 11 magasins du réseau – quatre Decitre et sept Le Furet du Nord – avait été annoncée à la fin du mois de juin. Elle s’accompagne de la suppression d’un maximum de 163 postes, soit plus d’un quart de l’ensemble des 600 salariés. Des reclassements internes sont prévus.

Dans un communiqué publié fin mai, Nosoli avait rappelé que « le marché des biens culturels traverse une crise profonde, marquée par une forte pression sur les marges et un recul des volumes de près de 15 % depuis 2021 ». Il prévoit désormais de développer son offre hors livre, d’investir dans le numérique et de renforcer son activité auprès des professionnels. 

« Ce qui m’a surpris, c’est le délai entre l’annonce de la fermeture et la rapidité avec laquelle elle est arrivée »

Certains clients de la boutique de la place Bellecour ont été surpris de cette annonce. C’est le cas d’Amandine, qui s’y rendait environ une fois par mois et qui constate qu’il y avait « toujours du monde dans le magasin ». Cette activité lui « donnai[t] l’impression que la boutique se portait bien, malgré les nombreuses fermetures ». Elle compte désormais se diriger vers des librairies indépendantes plutôt que vers d’autres grosses enseignes.

D’autres clients, comme Clément, ont suivi le dossier de près : « J’étais déjà au courant des difficultés de leur maison-mère. Ce qui m’a surpris, c’est le délai entre l’annonce de la fermeture et la rapidité avec laquelle elle est arrivée. Ce n’est pas souvent que j’entends parler de la fermeture d’un magasin d’une grosse enseigne au début du mois pour la fin du mois ». C’est justement cette annonce qui l’a poussé à venir faire ses emplettes.

« Je suis venu voir s’il y avait des promotions pour l’occasion. Certains rayons proposent des articles à -70 %, mais ils sont quasiment vides », raconte celui qui est tout de même reparti avec deux bandes dessinées

Le Decitre Bellecour a ouvert ses portes en 1988, tandis que celui de Confluence a émergé en même temps que le développement du centre commercial, en 2012. Il restera encore une enseigne de la marque, au centre commercial Part-Dieu.