La Direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien (GUR) vient de publier des informations inédites sur la nouvelle arme de la Russie, le S-71K Kovyor, qui serait utilisée sur le front depuis la fin de l’année dernière. Le service avait précédemment divulgué des détails sur les entreprises impliquées dans la fabrication du chasseur russe Su-57 Felon. Dans un nouveau communiqué, publié lundi 27 avril, il précise que le nouveau missile de l’armée russe a été « spécifiquement » développé pour être installé sur cet avion.
« Cela semble représenter la première incursion de la United Aircraft Corporation dans la fabrication de missiles », note le rapport. L’UAC, comme il est parfois abrégé, est une entreprise consacrée à l’aérospatial et à la défense, majoritairement financée par le Kremlin.
Une munition issue de l’ère de la Guerre froide
Kiev dévoile de nombreux détails techniques dans ce compte rendu qui s’accompagne d’un modèle 3D interactif du S-71K Kovyor. On y apprend que le missile contient « une bombe à fragmentation hautement explosive » de 250 kg, initialement développée pendant la Guerre froide comme arme aéroportée à chute libre. Le corps du missile, ou « cellule », de forme furtive avec des ailes en flèche et « un profil trapézoïdal », est constitué d’un matériau multicouche en fibre de verre renforcé. D’autres éléments internes sont, eux, en alliage d’aluminium.
Les images disponibles du projectile exposent également le système d’entrée d’air du moteur, situé sur le dessus, un turboréacteur compact R500 et trois réserves de carburant distinctes, ce qui laisse penser à l’Ukraine que le S-71K possède une portée opérationnelle allant jusqu’à 300 km. Il pourrait également atteindre une altitude maximale de 8 230 mètres, selon de précédents rapports.
Des composants venus de nombreux pays
Quant à son système de guidage, la Russie a fait un choix simple. « Un système de navigation inertielle basé sur des capteurs basiques », soulignent les experts. Avec le S-71K, le pays de Vladimir Poutine confirme son virage vers des équipements robustes, faciles à produire et moins coûteux que d’autres modèles plus classiques.
Le GUR affirme également que « la grande majorité » des éléments électroniques de l’appareil sont d’origine étrangère. Des articles fabriqués en Chine, en Allemagne, en Irlande, au Japon, en Suisse, à Taïwan et aux États-Unis sont énumérés. « L’accès continu à des technologies et des composants étrangers permet à l’État agresseur de développer de nouvelles armes et d’intensifier leur utilisation dans la guerre contre l’Ukraine », dénoncent les services de renseignement.
Article publié le 29 avril 2026.