Il est des métiers peu connus du grand public mais dont l’importance est primordiale, comme celui de garde d’eau, responsable de la surveillance et de la distribution des eaux des canaux d’irrigation. Un métier qui mérite un coup de projecteur, en cette année qui fête les 500 ans de la naissance de l’ingénieur salonais de la Renaissance, Adam de Craponne. Au XVIe siècle, ce dernier dériva les eaux de la Durance vers la plaine et aussi les villes et villages provençaux, ouvrant la voie vers une nouvelle ère industrielle, puis agricole avec l’irrigation de la plaine de la Crau.
Un métier rigoureux où les contraintes sont nombreuses : l’aiguadier parcourt au quotidien les canaux, ouvre et ferme les martelières (vannes), règle les débits selon les tours d’eau et les droits d’irrigation. Avec des astreintes 24h/24 et 7j/7, il surveille les niveaux, les éventuels canaux obstrués, entretient les fossés, béals et fioles (petits canaux), sert d’interlocuteur avec les agriculteurs…
Entre rigueur et diplomatie
Natif d’Eyguières, Renaud Melis est l’un des trois aiguadiers de la branche d’Arles du Craponne depuis 2019. Il témoigne de son quotidien : « J’assure le débit d’eau qui est de 1,2 l/s (…