Le géant tricolore a vu son bénéfice net doubler au deuxième trimestre, porté par la flambée des prix des hydrocarbures liée au conflit au Moyen-Orient. À gauche, on réitère les appels à taxer les profits du groupe pétro-gazier.
De LFI aux Écologistes en passant par le PS, les dirigeants de gauche ont dénoncé jeudi le «jackpot» de TotalEnergies après l’annonce de ses bons résultats du deuxième trimestre grâce aux prix élevés liés à la guerre au Moyen-Orient. «Pendant que les prix du carburant repartent à la hausse, c’est le jackpot pour TotalEnergies et les géants du pétrole,» a posté sur X le coordinateur national de La France Insoumise (LFI), Manuel Bompard.
Manuel Bompard a rappelé la mesure réclamée par son mouvement depuis plusieurs mois : «Pour en finir avec cette injustice et protéger le peuple, le blocage des prix des carburants est la solution.» Après un début d’année euphorique et une polémique sur ses «superprofits», le géant français pétro-gazier TotalEnergies a annoncé jeudi avoir doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,4 milliards de dollars, contre 2,7 milliards un an plus tôt, dopé par les prix élevés des hydrocarbures liés au conflit au Moyen-Orient.
Le gouvernement refuse «de rentrer dans le Total bashing»
Dénonçant les «profiteurs de guerre», le patron des socialistes Olivier Faure a également tancé sur X les actionnaires qui «ont déjà reçu un 2e acompte sur dividende». Sur BlueSky, la députée écologiste Sandrine Rousseau, «a hâte qu’ils (TotalEnergies, NDLR) soient lourdement taxés» en rappelant ça faisait partie des «raisons vitales pour lesquelles la gauche doit gagner» lors de la présidentielle de l’année prochaine.
Du côté du gouvernement à l’inverse, Maud Bregeon, la porte-parole, a assuré sur RMC/BFMTV qu’elle refuserait «toujours de rentrer dans le Total bashing», et a indiqué que raffineurs et distributeurs seraient reçus «la semaine prochaine». «C’est une chance d’avoir en France un grand énergéticien mondial capable d’assurer l’approvisionnement des Français», a réagi Maud Bregeon, tout en affirmant comprendre «les interrogations» des Français sur l’ampleur de ces bénéfices.
Elle a réaffirmé son opposition «à taxer les grandes entreprises françaises» : cela «ne peut pas être la première réaction face aux difficultés». Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, a moqué sur X : «la mesurette marketing des 1,99 EUR/l ? Désormais limitée aux week-ends et à quelques stations. Les actionnaires seront mieux servis que les automobilistes».