Par Manuel Pavard

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23 juillet 2026

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Des salariés d’Air Liquide ont débrayé durant une heure, à l’appel de la CGT, pour voir les coureurs du Tour de France qui passaient à Sassenage lors de la 18e étape reliant, jeudi 23 juillet, Voiron à Orcières-Merlette.

Le syndicat CGT d’Air Liquide Advanced Technologies appelait à la grève ce jeudi 23 juillet, de 13h à 14h, pour le passage à Sassenage de la 18e étape du Tour de France. Un débrayage d’une heure qui a permis aux salarié·es de production de venir applaudir les coureurs, malgré le refus de la direction. L’occasion pour la CGT de dénoncer le manque de reconnaissance à leur égard – alors que les résultats financiers sont excellents – tout en revendiquant de meilleurs salaires et conditions de travail.

Appre­nant le pas­sage à Sas­se­nage de la 18e étape du Tour de France, qui relie Voi­ron à Orcières-Mer­lette ce jeu­di 23 juillet, une par­tie des salarié·es d’Air Liquide Advan­ced Tech­no­lo­gies (AL-aT) ont deman­dé à pou­voir adap­ter leur heure de pause afin d’al­ler applau­dir les cou­reurs. Refus caté­go­rique de la direc­tion. Et ce, alors que les ingé­nieurs et cadres ont pu, eux, s’y rendre libre­ment. Une nou­velle illus­tra­tion des « dif­fé­rences entre cols blancs et cols bleus », selon la CGT, qui sou­ligne que celles-ci ont encore aug­men­té après la mise en place, en avril der­nier, des nou­veaux horaires — qui avait don­né lieu à un mou­ve­ment social d’am­pleur.

Face à ce trai­te­ment inéqui­table, le syn­di­cat a déci­dé d’ap­pe­ler à la grève entre 13 et 14 heures, ce jeu­di. Les salarié·es ont ain­si pu débrayer durant une heure, le temps d’en­cou­ra­ger le pelo­ton tra­ver­sant la com­mune. Leur demande était pour­tant loin d’être abu­sive, selon la CGT, qui sou­ligne les « résul­tats finan­ciers remar­quables » obte­nus en 2025 par Air Liquide Advan­ced Tech­no­lo­gies (filiale du groupe Air Liquide spé­cia­li­sée dans les tech­no­lo­gies de pointe et les envi­ron­ne­ments extrêmes, comme la cryo­gé­nie).

« AL-aT ne s’est jamais aussi bien portée »

Mal­heu­reu­se­ment, si « AL-aT ne s’est jamais aus­si bien por­tée », les sala­riés de pro­duc­tion n’ont en revanche pas été récom­pen­sés des efforts four­nis. Au contraire même. Dans le tract conçu pour ce mou­ve­ment, la CGT évoque ain­si l’a­mé­na­ge­ment du temps de tra­vail pour les ouvrier·es et technicien·nes de pro­duc­tion qui ont vu « leurs condi­tions de tra­vail se dété­rio­rer et la mise en place de contrôles quo­ti­diens ». Mais aus­si l’ex­ter­na­li­sa­tion des ser­vices main­te­nance et infra avec la sup­pres­sion de huit postes, les « pro­jets de réor­ga­ni­sa­tion tous plus com­plexes et des­truc­teurs pour les per­sonnes qui les subissent » ou encore les trans­ferts d’activité vers des pays à bas coûts.

Corinne Rohr­ba­cher, délé­guée syn­di­cale CGT chez Air Liquide Advan­ced Tech­no­lo­gies, à Sas­se­nage.

En résu­mé, « les col­lègues suent — comme les cou­reurs — pour déga­ger ces résul­tats avec comme seule pers­pec­tive la peur de perdre leur tra­vail », déplore le syn­di­cat CGT. Lequel a donc pro­fi­té de ce débrayage pour rap­pe­ler ses reven­di­ca­tions à la direc­tion d’Air Liquide Advan­ced Tech­no­lo­gies. À savoir « reve­nir à la table des négo­cia­tions pour des aug­men­ta­tions de salaires » et « amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail en pro­fon­deur pour toutes et tous en ces­sant les réor­ga­ni­sa­tions à tout va qui amènent perte de com­pé­tences, démis­sions, burn out ».