Il devait clore en beauté la quatrième édition du « Sunset Live », série de concerts gratuits organisée sur le toit du centre commercial Les Terrasses du Port à Marseille. Amir ne montera finalement pas sur scène ce dimanche. Les organisateurs, le centre commercial et Radio Star, ont annoncé l’annulation de la soirée, qui devait également réunir Adèle Castillon, Peter Cincotti et Oria. Ils invoquent des raisons de sécurité après plusieurs jours d’appels au boycott lancés par des collectifs de soutien à la Palestine.
« Pour des raisons de sécurité, la session du Sunset Live prévue ce dimanche 26 juillet aux Terrasses du Port est annulée », peut-on lire sur les réseaux sociaux de l’événement. « Cette décision vise à garantir la sécurité des artistes, du public, de nos équipes et de l’ensemble des personnes présentes sur le site. » Interrogés par Frequence-sud, les organisateurs ont souligné le caractère familial de ce rendez-vous de fin d’après-midi et dit vouloir éviter toute polémique politique.
« Nous refusons la présence d’Amir »
Plusieurs organisations propalestiniennes avaient appelé à l’annulation du concert au cours des jours précédents. Le collectif Union pour la Palestine Marseille avait fait savoir sur Facebook : « Nous refusons la présence d’Amir », au motif que « cet artiste s’est positionné comme étant un fervent défenseur de l’armée et de la politique israéliennes ».
Le groupe des Bouches-du-Rhône de l’Association France Palestine Solidarité, qui appelait aussi au boycott, formule le même reproche au chanteur franco israélien. L’association met en cause sa participation à des événements organisés dans des colonies israéliennes en Territoires palestiniens occupés, ainsi que des prises de parole qui, selon elle, occultent la situation des populations palestiniennes. Un rassemblement avait par ailleurs été annoncé sur le lieu du concert.
Une « victoire de la mobilisation populaire »
Dans un communiqué publié sur Instagram après l’annonce, Union pour la Palestine Marseille s’est félicité d’une « victoire de la mobilisation populaire ». Son appel, écrit-il, « reposait sur des revendications politiques et s’inscrivait dans une démarche exclusivement pacifique ». Le collectif rappelle « avec fermeté qu’à aucun moment les collectifs mobilisés n’ont appelé à la violence » et revendique l’exercice d’« un droit démocratique : interpeller, informer et appeler au boycott ».
Sollicitée par Frequence-sud, la préfecture de police a indiqué accompagner les organisateurs dans la sécurisation des événements sensibles, sans jamais leur demander d’y renoncer. Elle a cité le cas du dessinateur Joann Sfar, visé en mai par une campagne d’intimidation avant sa venue au festival marseillais Oh les beaux jours, qui s’était finalement tenue sans incident.
Un dispositif de sécurité renforcé pour un autre concert
Un autre concert gratuit d’Amir, programmé samedi 25 juillet place Saint-Jacques à Rognac (Bouches-du-Rhône), est pour sa part maintenu, avec un dispositif de sécurité renforcé pour éviter que la soirée ne se transforme en tribune politique, comme lors d’un concert de Barbara Butch à Grenoble. La DJ a annoncé le 23 juillet porter plainte contre La France insoumise pour provocation à la haine et à la violence.
Révélé par l’émission The Voice en 2014, Amir a représenté la France à l’Eurovision en 2016. Plusieurs de ses concerts ont fait l’objet d’appels au boycott ou de perturbations depuis 2025. En novembre 2025, une date à Brest avait été précédée d’un appel au boycott. En juillet 2025, dix artistes avaient contesté sa participation aux Francofolies de Spa, en Belgique ; son entourage avait alors répondu que ses prises de parole avaient constamment appelé à la paix et au respect de la dignité humaine.